L’Algérie accélère la mise en œuvre de sa stratégie nationale de l’intelligence artificielle (IA), avec le passage de la phase de planification à celle de la concrétisation des projets prioritaires. Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, a présidé, lundi, la troisième réunion multisectorielle consacrée au suivi de l’exécution de cette stratégie, en présence des différentes commissions sectorielles concernées.
Cette rencontre a notamment porté sur l’état d’avancement des estimations financières nécessaires à la réalisation des opérations inscrites dans la feuille de route, ainsi que sur les actions engagées par les différentes commissions spécialisées.
Sur le volet des infrastructures et des données, 17 opérations liées aux infrastructures et 14 autres concernant les données ont été arrêtées pour 2026, indique le ministère dans un communiqué. Elles portent notamment sur l’exploitation des serveurs et des unités de traitement graphique (GPU) disponibles, ainsi que sur l’identification des besoins futurs en équipements nécessaires au déploiement des applications d’IA.

La commission concernée a également proposé la création d’un groupement réunissant des entreprises économiques publiques et privées, avec pour objectif de renforcer les synergies entre les capacités technologiques et économiques nationales. Dans le même cadre, la version actualisée du projet de décret portant création du Centre national de recherche en intelligence artificielle et en données a été approuvée avant sa transmission aux services compétents pour finaliser les procédures juridiques.
Le financement constitue également un axe central de cette feuille de route. Plusieurs mécanismes ont été identifiés, notamment le financement public, la création d’un fonds national, le financement bancaire et international, ainsi que la contribution des entreprises privées et de la communauté nationale établie à l’étranger. Les retombées économiques et financières générées par les applications de l’IA pourraient également contribuer au financement de cette dynamique.
La formation et la recherche occupent, par ailleurs, une place importante dans le dispositif. Quatre grands modèles de langage (LLM) sont en cours de développement, dont deux déjà achevés. Parmi les projets figurent un prototype de chatbot spécialisé dans la législation fiscale algérienne et un modèle destiné aux étudiants inscrits dans le cadre du parcours personnalisé.
Dans le domaine de la formation doctorale, 24 axes théoriques et appliqués ont été retenus pour le concours d’accès prévu en novembre prochain. Parallèlement, 85 opérations de formation continue sont programmées afin de renforcer les compétences en IA au sein des différents secteurs.
La stratégie prévoit également le renforcement de la coopération internationale et de la recherche nationale. Les projets de recherche nationale (PNR) et le réseau thématique de recherche en IA doivent ainsi prendre en charge plusieurs opérations à partir d’octobre 2026.
À travers ces différents chantiers, l’écosystème national de l’intelligence artificielle est en train de se structurer, en s’appuyant sur les infrastructures, les données, la formation, la recherche et les capacités des entreprises. L’objectif affiché est de faire de l’IA un levier de développement, d’innovation et de création de valeur.
Synthèse Z R.



