Sur fond de tensions géopolitiques : Les prix du pétrole enregistrent une légère hausse
Les prix du pétrole ont enregistré une hausse marginale ce lundi, prolongeant leurs gains pour une deuxième séance consécutive. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en avril s’est ainsi hissé à 67,78 dollars, en progression de 0,04 %, tandis que le brut américain West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en mars a gagné 0,08 % pour s’établir à 62,93 dollars.

Ce mouvement intervient dans un contexte d’attente nerveuse face aux développements géopolitiques au Moyen-Orient et à l’annonce d’une reprise des discussions diplomatiques entre Washington et Téhéran. Les marchés restent toutefois prudents, oscillant entre des signaux diplomatiques encourageants, des risques militaires persistants et les perspectives d’un ajustement prochain de l’offre mondiale.
En début de séance, selon la plateforme spécialisée « Attaqa.net », le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en avril s’est stabilisé juste sous la barre des 68 dollars, affichant une progression de 0,04 % pour s’établir à 67,78 dollars. Parallèlement, le brut américain West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en mars a gagné 0,08 %, atteignant 62,93 dollars. La séance a néanmoins été marquée par une activité réduite, l’absence des opérateurs américains pour cause de jour férié limitant les volumes échangés.
Cette progression modeste permet aux cours de consolider la reprise entamée en fin de semaine dernière, bien que le Brent et le WTI conservent des replis hebdomadaires respectifs de 0,4 % et 1 %. Ce recul global fait suite aux déclarations du président Donald Trump, qui avait évoqué la possibilité d’un accord avec l’Iran d’ici le mois prochain.
L’attention des investisseurs se porte désormais sur Genève, où un nouveau cycle de discussions entre les États-Unis et l’Iran est prévu ce mardi. Ces pourparlers, centrés sur le dossier nucléaire, voient Téhéran exiger des retombées économiques concrètes, notamment dans les secteurs stratégiques de l’énergie, des mines et de l’aéronautique. Toutefois, la situation sur le terrain reste complexe : Washington a renforcé son dispositif militaire par le déploiement d’un second porte-avions, tandis que Téhéran menace de riposter contre les bases américaines en cas d’attaque. Pour les analystes, le marché est dans une phase d’observation critique.
« Avec la probabilité que chaque partie campe sur ses lignes rouges, les attentes concernant un accord restent faibles, et il pourrait s’agir d’un calme avant la tempête », a estimé Tony Sycamore, analyste de marché chez IG.
En toile de fond, les opérateurs intègrent également les prévisions d’un retour progressif de l’offre du groupe OPEP+. Huit pays de l’alliance prévoient en effet de reprendre des hausses graduelles de production à partir d’avril, après une pause de trois mois, afin de répondre au pic de la demande estivale. Cette perspective de mise sur le marché de barils supplémentaires limite mécaniquement l’ampleur de la hausse des prix.
Enfin, la faiblesse des volumes de transaction accentue la volatilité actuelle des cours. La fermeture de plusieurs places financières asiatiques majeures, comme la Chine ou la Corée du Sud, à l’occasion du Nouvel An lunaire, réduit considérablement la liquidité globale. Selon Sugandha Sachdeva, de SS Wealth Street, « avec l’absence d’indicateurs clairs sur la demande chinoise cette semaine, la liquidité reste limitée et les mouvements de prix peuvent demeurer erratiques ». Dans ce contexte de faible visibilité, les facteurs géopolitiques et les prochaines données sur les stocks de brut resteront les principaux moteurs des fluctuations à court terme.
Par Selma R.
