02/04/2026
ACTUINTERNATIONAL

Taxe carbone européenne: L’Algérie affine sa stratégie d’adaptation

Face à la nouvelle donne environnementale mondiale, l’Algérie s’emploie à anticiper les effets du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM) que l’Union européenne prévoit de mettre en œuvre dès 2026. Cette mesure, qui vise à taxer les importations en fonction de leur empreinte carbone, concernera dans un premier temps plusieurs produits phares de l’économie algérienne : le ciment, le fer, le verre et les engrais. Consciente des enjeux économiques et industriels que soulève cette réglementation, l’Algérie a déjà engagé une stratégie proactive pour préserver la compétitivité de ses exportations et s’arrimer aux nouvelles normes internationales.

Selon Miloud Medjelled, directeur général de la prospective au ministère des Hydrocarbures et des Mines, « l’Algérie ne subit pas ces transformations, elle s’y prépare avec méthode et réalisme. Le dialogue stratégique engagé avec l’Union européenne permettra de concilier nos objectifs économiques avec les exigences environnementales du marché ». Dans cette optique, un outil national de suivi des émissions de CO₂ a été mis en place, regroupant plusieurs ministères et organismes publics sous la coordination du secteur de l’énergie. Cet instrument vise à mesurer avec précision les émissions industrielles et à encadrer la transition vers des procédés de production plus propres. « C’est une étape essentielle pour disposer de données fiables et transparentes, condition indispensable à toute politique de décarbonation », a précisé M. Medjelled sur les ondes de la « Chaîne III » de la radio nationale.

L’un des axes majeurs de cette stratégie repose sur l’introduction progressive des énergies renouvelables dans les processus industriels. De nombreuses entreprises publiques et privées, notamment dans les secteurs du ciment, de la sidérurgie et des engrais, ont commencé à intégrer des unités de production alimentées à 100 % par des sources renouvelables. Parallèlement, des projets de captage et de stockage du CO₂ sont en développement afin de réduire l’empreinte carbone des grandes installations industrielles. Le responsable a également mis en avant la volonté du pays d’accélérer le déploiement de l’hydrogène vert, produit à partir d’électricité renouvelable, en partenariat avec des acteurs européens. Cette démarche vise à positionner l’Algérie comme un fournisseur d’énergie décarbonée et un partenaire stratégique dans la transition énergétique du continent.

Par M A.

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