Face aux défis mondiaux de la décarbonation, l’Algérie amorce une mutation profonde de son modèle énergétique. Quittant son statut d’exportateur traditionnel, le pays s’oriente vers un système plus connecté et résilient, capitalisant sur ses infrastructures existantes, ses pipelines et son projet majeur de couloir d’hydrogène (SoutH2 Corridor).
En marge du Salon NAPEC 2026, Fariza Ferradji, Project Manager BDM au sein du groupe Sonatrach, a réaffirmé l’ambition stratégique de l’Algérie de s’imposer comme le pont énergétique incontournable entre l’Afrique du Nord et l’Europe.
Pour elle, l’Afrique ne doit pas être confrontée à un dilemme binaire entre énergies fossiles et renouvelables. L’enjeu majeur ne réside pas dans le choix exclusif entre le gaz naturel et l’hydrogène vert, mais dans la capacité à orchestrer leur complémentarité.
Trois grands axes fondamentaux se dégagent de son analyse : tout d’abord, l’absence de compromis strict, où le gaz naturel et l’hydrogène vert sont perçus non comme des alternatives opposées, mais comme deux piliers complémentaires d’une même feuille de route stratégique ; ensuite, le rôle pivot de la connectivité, qui démontre que c’est l’efficience du réseau d’infrastructures et des capacités d’acheminement qui transforme le potentiel brut des ressources en opportunités économiques concrètes ; enfin, une vision globale et intégrée, exigeant que le gaz, les énergies renouvelables, l’hydrogène, les partenariats industriels et le cadre réglementaire soient abordés comme les composants indissociables et interconnectés d’un seul et même écosystème énergétique.
Si la vision est claire, sa concrétisation industrielle nécessitera des investissements massifs et des coopérations internationales solides. L’objectif immédiat est de baisser les coûts de production de l’hydrogène vert pour le rendre compétitif sur les marchés mondiaux.
Comme l’a conclu la responsable de Sonatrach, le véritable défi n’est plus seulement de posséder des ressources, mais de savoir construire les ponts stratégiques, technologiques et financiers qui permettront de connecter l’offre africaine à la demande européenne.
Z R.



