Le ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, Kamel Rezig, a apporté, jeudi, devant les membres du Conseil de la nation, des précisions sur plusieurs dossiers liés au développement du commerce extérieur. Il s’agit notamment de la réception prochaine de la zone franche commerciale de Tindouf, de la stratégie nationale de diversification des exportations hors hydrocarbures, ainsi que des mesures encadrant les importations et l’approvisionnement des entreprises industrielles en matières premières.
La zone franche commerciale de Tindouf devrait ainsi être réceptionnée avant la fin de l’année en cours, a annoncé le ministre lors d’une séance plénière du Conseil de la nation consacrée aux questions orales adressées aux membres du gouvernement.
En réponse à une question du sénateur Mohamed Belayachi sur l’état d’avancement des démarches relatives à l’entrée en exploitation de cette zone, le ministre a indiqué que le projet avait atteint un stade avancé de réalisation, avec l’achèvement des travaux d’infrastructure et des différentes installations prévues. Sa réception par le département ministériel est ainsi attendue avant la fin de 2026. Cette infrastructure devrait contribuer au développement des échanges commerciaux avec les pays d’Afrique de l’Ouest, notamment à travers la promotion des exportations nationales.
S’étendant sur une superficie de 200 hectares, à proximité du poste frontalier de Tindouf, cette infrastructure s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale visant à promouvoir les exportations et à développer les échanges commerciaux avec la Mauritanie et les pays d’Afrique de l’Ouest. Le projet avait été lancé à la suite de la pose de sa première pierre, en février 2024, par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, et son homologue mauritanien, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.
La zone franche est conçue comme un espace économique et logistique intégré. Elle comprend notamment six grands entrepôts, d’une superficie de 3 000 m² chacun, des espaces destinés aux exposants, un centre de contrôle des marchandises ainsi qu’une zone administrative et de services regroupant des structures douanières, bancaires et d’assurance. Le site sera également doté de plusieurs équipements d’accompagnement, notamment des infrastructures de sécurité et de protection civile, un hôtel, des restaurants, un centre de santé et une mosquée. L’ensemble vise à réunir les conditions nécessaires au développement des activités commerciales et économiques dans cette région frontalière.
Le ministre a, à cet égard, fait état de l’élaboration d’un projet de décret exécutif portant création d’un établissement public chargé de la gestion des zones franches, qui est actuellement au niveau du Secrétariat général du Gouvernement.
Une stratégie nationale de diversification des exportations
Questionné par ailleurs sur la diversification des exportations hors hydrocarbures, soulevée par le sénateur Kamel Khelifati, Kamel Rezig a fait état de l’élaboration, en coordination avec les différents départements ministériels et organismes concernés, d’un projet de stratégie nationale de diversification des exportations.
Cette dernière repose sur l’amélioration de l’infrastructure générale dédiée à l’exportation, la facilitation de l’activité des entreprises exportatrices et l’élaboration de plans d’exportation spécifiques pour les filières prioritaires, notamment les industries agroalimentaires et pharmaceutiques, les dispositifs médicaux, la pétrochimie, les mines et les services numériques et technologiques, tout en accompagnant les entreprises exportatrices et celles disposant de capacités à l’export.
Évoquant les mécanismes concrets mis en place par l’État pour accompagner les exportateurs, le ministre a indiqué que le Fonds spécial pour la promotion des exportations (FSPE) avait enregistré, en 2025, le dépôt de 3 900 dossiers d’exportateurs souhaitant bénéficier de la prise en charge d’une partie des frais de participation aux manifestations économiques internationales et des coûts du transport international.
Il a, dans le même contexte, fait savoir que les exportations algériennes hors hydrocarbures ont enregistré, en 2025, une hausse d’environ 972 millions de dollars par rapport à 2024, pour atteindre 5,16 milliards de dollars à la fin de l’année 2025. Concernant le développement des exportations dans la filière de la datte, M. Rezig a souligné que les indicateurs enregistrés durant la période allant de 2024 au premier semestre de 2026 faisaient ressortir une « évolution positive notable » des exportations de ce produit, reflétant le dynamisme que connaît cette filière.
La valeur des exportations de la datte a atteint 78,06 millions de dollars en 2024, 98,32 millions de dollars en 2025 et près de 75,04 millions de dollars au premier semestre de 2026. S’agissant des mesures prises par le secteur pour concilier protection de la production nationale et approvisionnement régulier des entreprises économiques en matières premières, le ministre a mis en avant la poursuite du rythme d’approvisionnement des entreprises industrielles en matières premières en fonction de leurs besoins croissants.
M. Rezig a, par ailleurs, précisé que la filière plastique avait enregistré une hausse de ses importations durant le premier semestre de l’année en cours, soulignant que cette branche industrielle « n’est pas soumise, en règle générale, aux mesures d’organisation des importations, à l’exception de cas exceptionnels nécessitant des dispositions spécifiques pour protéger la production nationale ». Il a également relevé que « les programmes prévisionnels sont traités conformément aux procédures en vigueur, qu’il s’agisse des importations destinées à l’utilisation dans le processus de production (en vue d’assurer un approvisionnement continu) ou de celles destinées à la revente en l’état ».
Par Z R.
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