Diversification de l’économie: Plaidoyer pour un plan d’investissement local
Avec une croissance économique en hausse, l’Algérie ambitionne à présent d’inscrire cette tendance dans la durée en plusieurs étapes par des successives générations de réformes. Ce résultat est déjà le fruit de réformes jusque-là engagées, ces trois dernières années, et inscrites au programme du président de la République en vue d’atteindre les objectifs assignés pour 2027. Un résultat absolument à consolider par d’autres réformes. Pour Kaoubi Mahfoud, Expert en politique géoéconomique et financière, il faut mettre à profit cette embellie financière, et mettre en place un plan d’investissement local et national.
Invité par des confrères de la radio nationale, cet expert a au préalable insisté que booster l’économie locale, est le but originel des grands projets structurants menés par les pouvoirs publics. Valoriser les ressources et favoriser la diversification des activités présentes et potentielles sont des enjeux majeurs pour le développement local d’un territoire. Agir ensemble et innover sont les maîtres mots d’un développement local réussi, a-t-il affirmé.
«C’est dans ce sens que les grands projets structurants et ont pour objets de développer les territoires» et de continuer de dire que «les retombées économiques ne seront pas immédiates». Sur sa lancée et mettant en avant les réformes engagées, il a insisté sur l’impératif de la mise en place d’un plan d’investissement local et national, et de préciser aussi que ces plans nationaux et locaux d’investissements tardent à venir.
En cela, l’expert estime que la solution serait de crée un nouvel organe de planification ce qui permettrait une meilleure organisation spatiale des investissements.
Les projets structurants, devraient être menés tous en même temps, ce qui pour M. Kaoubi, entrainerait une dynamique d’émergence de PME. «A condition, dit-il, de traduire ces projets d’investissements de manière à produire de la richesse locale »
S’agissant de projets locaux ou dépendants des grands projets structurant, « il faut une adéquation en l’investissement public et la logique des marchés, car les deux vont de paire », a-t-il affirmé. Pour lui, au-delà de la répartition spatiale des investissements dans les territoires, il faut impliquer les populations locales (acteurs et élus locaux) ce qui permettra d’améliorer la qualité de la gouvernance de ces projets, tout en privilégiant l’excellence, la rentabilité. D’après l’expert, après le succès des réformes institutionnelle et juridique, il est maintenant nécessaire de consolider les acquis de cette période de transition par de nouvelles réformes. Et ce d’autant plus que l’amorce d’une nouvelle ère de développement suppose de nouvelles méthodes et instruments de gestion qui appliquent différents principes, processus et normes. Mahfoud Kaoubi ajoutera que «cette notion de décentralisation a toujours été au cœur du développement local, du moins dans les textes».
Pour l’orateur, «on ne parle plus de région ou de localité, mais de territoire», a-t-il précisé car booster l’attractivité du territoire, le rendre plus durable sont des leviers de développement économique incontournables.
Pour cela, l’invité évoqua la notion de «potentialités, spécificités et autonomie pour la mise en place de projets de développement économique et social». Il faut accompagner les territoires afin de leur permettre de renforcer leur ancrage territorial, leur réseau et la communication entre les parties prenantes, nécessaire pour développer des projets auxquels tous les acteurs prendront part.
L’expert insistera pour aller vers «plus d’autonomie et de décentralisation dans la conception des plans de développement.
Par Réda Hadi
