18/05/2026
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Souveraineté alimentaire: La nouvelle feuille de route agricole

L’agriculture constitue désormais l’un des piliers de la nouvelle stratégie économique de l’Algérie. Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a affirmé que le pays dispose du potentiel nécessaire pour atteindre l’autosuffisance dans plusieurs filières stratégiques et a réitéré sa volonté de transformer ce secteur, longtemps considéré comme social, en une véritable activité économique. L’objectif est clair : couvrir les besoins alimentaires du pays et exporter les excédents afin de renforcer la souveraineté économique nationale. Pour y parvenir, il a insisté sur le recours aux sciences, aux techniques modernes et à des projets innovants menés en partenariat avec des pays comme l’Italie, le Qatar et l’Arabie saoudite.

Parmi les priorités, le président a rappelé son engagement à atteindre l’autosuffisance en blé dur, un produit stratégique pour la sécurité alimentaire nationale. Il a souligné que le bilan préliminaire de la campagne moisson-battage est encourageant et que l’Algérie est en bonne voie pour atteindre cet objectif. Toutefois, il a relevé que certains agriculteurs n’ont pas livré l’intégralité de leur production à l’État, ce qui pourrait fausser les statistiques. Pour remédier à ce problème, il a donné des instructions au ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche pour réaliser un recensement exhaustif des surfaces cultivées et assurer que le blé ne soit pas détourné vers les marchés parallèles. Le président a précisé que le bilan final nécessitera du temps en raison de l’étendue et de la dispersion des exploitations. Un autre projet majeur évoqué est celui de la production de poudre de lait, mené en partenariat avec le groupe qatari « Baladna ». Ce projet, qui devrait être achevé d’ici la fin de l’année 2028, vise à réduire la dépendance de l’Algérie vis-à-vis des importations de lait et de dérivés, tout en créant des milliers d’emplois dans le secteur de l’élevage bovin. Le président a salué les avantages de cette initiative et annoncé que d’autres projets de même envergure sont à l’étude avec des partenaires étrangers, notamment italiens et saoudiens. L’ambition est de bâtir une agriculture moderne et productive, capable de répondre à la demande locale et d’ouvrir la voie à l’exportation.

Sur le plan institutionnel, Abdelmadjid Tebboune a insisté sur le fait que le nouveau gouvernement agit selon une feuille de route claire et chiffrée pour atteindre les objectifs fixés à l’horizon 2026 et 2027. Selon lui, la majorité des ministres travaillent de manière coordonnée et orientée vers des résultats concrets, loin des simples slogans. Interrogé sur les critères ayant guidé la nomination de M. Sifi Ghrieb comme Premier ministre, le président a indiqué qu’il s’agit d’un homme de terrain expérimenté, capable de corriger la trajectoire de tout ministre qui s’écarterait de la feuille de route. Il a souligné que la nomination de ce chef de gouvernement permet de renforcer la complémentarité dans la mise en œuvre des décisions, rappelant qu’une des critiques récurrentes des citoyens était l’absence d’application sur le terrain des décisions présidentielles.

Le président a également abordé la question de la participation des femmes dans la vie politique et économique nationale. Bien que le gouvernement compte neuf femmes ministres, il a estimé que ce chiffre demeure insuffisant et s’est engagé à renforcer leur présence dans les institutions de l’État et aux postes de responsabilité. Il a rappelé la contribution historique des femmes à la libération nationale et leur rôle croissant dans le développement économique, notamment dans le secteur des start-up où plusieurs réussites féminines ont été enregistrées. En somme, l’action présidentielle s’articule autour de trois axes majeurs : moderniser et dynamiser l’agriculture pour atteindre l’autosuffisance et réduire les importations, assurer l’efficacité de l’action gouvernementale grâce à une feuille de route claire et un Premier ministre de terrain, et enfin, promouvoir la participation des femmes à la vie publique et économique du pays.

Par Réda Hadi

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