18/05/2026
ACTUALITENATIONAL

Sécurité hydrique : Trois stations de dessalement en renfort 

Le Conseil des ministres, réuni dimanche sous la présidence du chef de l’État, M. Abdelmadjid Tebboune, a franchi une nouvelle étape dans la stratégie nationale de sécurisation de l’approvisionnement en eau potable. Lors de cette réunion, le Conseil a approuvé la localisation de trois nouvelles stations de dessalement de l’eau de mer dans les wilayas de Chlef, Mostaganem et Tlemcen, chacune d’une capacité de 300.000 mètres cubes par jour. Ces infrastructures stratégiques s’inscrivent dans le vaste programme de développement des ressources non conventionnelles initié par le gouvernement pour faire face aux effets du changement climatique et aux contraintes hydriques croissantes.

Selon le communiqué du Conseil des ministres, cette décision intervient après étude et débat sur les besoins réels en eau des différentes régions du pays. Les trois nouvelles stations permettront d’améliorer de manière significative la disponibilité en eau potable, en particulier dans les zones à forte pression démographique et économique. Le communiqué précise également que la localisation des trois autres stations prévues dans le plan national sera déterminée ultérieurement, lors des prochaines réunions du Conseil des ministres.

Conscient de l’importance cruciale de la question hydrique, le président Tebboune a mis en garde contre les conséquences directes de la sécheresse sur les réserves d’eau et la stabilité environnementale du pays. Il a souligné la nécessité d’élaborer des études scientifiques rigoureuses, fondées sur des données fiables et actualisées concernant la consommation nationale d’eau potable. Ces études devront, selon lui, tenir compte des spécificités régionales, notamment en matière de pluviométrie et de besoins agricoles, afin d’éviter les déséquilibres hydriques.

Le chef de l’État a insisté sur une approche prospective et durable : « Il s’agit d’élaborer des études précises permettant d’épargner à l’État d’éventuelles catastrophes environnementales, notamment l’épuisement des nappes phréatiques, qui mettrait en péril la sécurité hydrique nationale. »

Cette orientation traduit la volonté du gouvernement de fonder sa politique de l’eau sur des bases scientifiques et une planification à long terme, rompant avec les solutions ponctuelles ou conjoncturelles du passé. Au-delà de la création de nouvelles stations de dessalement, le président Tebboune a également insisté sur l’impératif de réparer les fuites d’eau dans les réseaux de distribution. Il a rappelé que les pertes enregistrées à ce niveau représentent des millions de mètres cubes d’eau gaspillés chaque année, un volume qui pourrait suffire à alimenter plusieurs villes.

Cette directive s’inscrit dans la politique globale du gouvernement visant à optimiser la gestion de la ressource hydrique, en conjuguant l’augmentation de la production avec la rationalisation de la distribution. Les autorités locales ont été instruites d’accélérer les travaux de maintenance et de modernisation des infrastructures, en coordination avec les entreprises publiques et les offices chargés de la gestion de l’eau.

Les trois nouvelles stations viennent renforcer un programme ambitieux lancé par le gouvernement ces dernières années pour sécuriser durablement l’approvisionnement en eau potable à travers le territoire national. Ce plan prévoit la construction de six grandes stations de dessalement, dont certaines sont déjà en cours de réalisation sur la façade ouest et centre du pays.

Parmi les réalisations récentes, la station de Fouka (Tipaza), mise en service en 2022, fournit désormais 120.000 m³ d’eau potable par jour, alimentant plusieurs communes du centre du pays, y compris Alger. De même, la station de Cap Djinet (Boumerdès), d’une capacité similaire, contribue à stabiliser la distribution dans la région d’Alger-Est.

Dans l’ouest du pays, la station d’El Mactaâ (Oran), l’une des plus importantes d’Afrique, produit 500.000 m³/jour, couvrant une large partie des besoins de la métropole oranaise et de ses environs. Quant à la station de Béni Saf (Aïn Témouchent), elle assure 200.000 m³/jour, renforçant l’approvisionnement des wilayas limitrophes. Ces réalisations, auxquelles viendront bientôt s’ajouter les trois nouvelles stations de Chlef, Mostaganem et Tlemcen, traduisent la détermination du gouvernement à garantir la souveraineté hydrique du pays et à réduire sa dépendance vis-à-vis des ressources naturelles aléatoires. Elles constituent également une réponse concrète aux défis posés par le changement climatique et la raréfaction des pluies, tout en inscrivant l’Algérie dans une démarche durable de gestion de l’eau à long terme.

À travers cette stratégie, l’Algérie ambitionne d’atteindre une production totale de plus de 2 millions de mètres cubes d’eau dessalée par jour d’ici 2030, assurant ainsi une couverture complète des besoins domestiques et industriels, et consolidant sa résilience face aux aléas climatiques.

Par Réda Hadi

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