18/05/2026
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Signature de contrats gaziers mondiaux en octobre : L’Algérie et l’Arabie saoudite au haut du podium

Le mois d’octobre 2025 a été particulièrement dynamique pour le secteur gazier mondial. Selon la plateforme spécialisée «Attaqa», l’Algérie et le Royaume d’Arabie saoudite se sont hissés en tête de la liste des pays ayant conclu les contrats gaziers les plus importants, suivis par l’Égypte, le Qatar, l’Irak et les Émirats arabes unis.

Ces accords illustrent la vitalité du secteur énergétique au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, ainsi que la volonté des États producteurs d’accroître leur capacité de production et d’exportation. La transaction la plus significative du mois est revenue à l’Arabie saoudite, avec un contrat colossal de 11 milliards de dollars signé avec un consortium international composé du Fonds public d’investissement saoudien (PIF), de la société émiratie Mubadala, du fonds souverain singapourien GIC et du Fonds arabe de l’énergie. Cet accord vise le développement du champ de Jafoura, considéré comme le plus grand projet de gaz non associé du royaume, c’est-à-dire non accompagné de pétrole brut. Les réserves du champ de Jafoura sont estimées à 229 000 milliards de pieds cubes, ce qui en fait un pilier stratégique du plan d’expansion d’Aramco. L’entreprise publique saoudienne prévoit d’augmenter sa production gazière de 60 % d’ici 2030, une étape cruciale pour répondre à la demande intérieure et renforcer la position du royaume sur les marchés mondiaux de l’énergie.

Dans le même esprit, l’Algérie a enregistré un accord majeur avec l’Arabie saoudite portant sur l’exploration et l’exploitation d’hydrocarbures dans le périmètre d’Illizi Sud. Le contrat, signé à Alger, lie la compagnie nationale Sonatrach à la société saoudienne Madad Energy North Africa. Il s’agit d’un contrat de partage de production d’une durée initiale de 30 ans, renouvelable pour dix années supplémentaires.

Selon Sonatrach, le partenaire saoudien assurera le financement intégral des opérations d’exploration et de développement, pour un montant global d’environ 5,4 milliards de dollars, dont 288 millions consacrés à la phase de recherche. Les deux parties visent, à terme, une production totale estimée à 993 millions de barils équivalent pétrole, comprenant 125 milliards de mètres cubes de gaz commercialisable, 204 millions de barils d’hydrocarbures liquides, dont 103 millions de barils de GPL et 101 millions de barils de condensats.

Cet accord s’inscrit dans la stratégie énergétique de l’Algérie visant à attirer davantage d’investissements étrangers et à renforcer la coopération avec les pays arabes dans le domaine des hydrocarbures, tout en consolidant la position du pays comme acteur clé du marché gazier africain et méditerranéen.

Le Qatar et l’Inde consolident leur partenariat énergétique

Parmi les autres transactions marquantes, figure l’accord entre le Qatar et l’Inde pour la fourniture annuelle d’un million de tonnes de gaz naturel liquéfié (GNL) sur une période de 17 ans, à compter de 2026. Ce contrat a été signé avec la société pétrolière de l’État du Gujarat. L’Inde demeure le deuxième plus grand importateur de GNL qatari, avec près de 2,7 millions de tonnes importées au troisième trimestre 2025, selon le rapport sur l’« Évolution des marchés arabes et mondiaux du gaz liquéfié ».

L’Égypte n’est pas en reste. Le Caire a conclu un accord stratégique pour la liquéfaction du gaz du champ chypriote Chronos, dont les réserves sont estimées à 3,2 billions de pieds cubes. Ce gaz sera exporté vers l’Europe à travers les terminaux égyptiens d’Idku et de Damiette, renforçant le rôle du pays comme plateforme énergétique régionale en Méditerranée orientale.

Le gouvernement égyptien a également signé un contrat avec la compagnie britannique BP pour le forage de cinq nouveaux puits en Méditerranée, via la plateforme géante Valaris DS-12. Les opérations, à des profondeurs variant entre 300 et 1 500 mètres, visent à accroître la production gazière et à optimiser l’utilisation des infrastructures existantes. En Irak, le gouvernement de Mohamed Chiaa Al-Soudani a signé un contrat avec la société américaine Excelerate Energy pour la construction d’une unité flottante de regazéification (FSRU) d’une capacité de 15 millions de mètres cubes par jour. Ce projet, l’un des plus ambitieux d’octobre 2025, a pour objectif de garantir l’approvisionnement en gaz des centrales électriques et de réduire la dépendance du pays vis-à-vis des importations. Il s’inscrit dans le cadre d’un plan national visant à atteindre l’autosuffisance énergétique d’ici 2028.

L’ensemble de ces accords reflète une dynamique régionale sans précédent dans le secteur gazier. L’Algérie et l’Arabie saoudite, en tête de ce mouvement, confirment leur rôle moteur dans la reconfiguration du paysage énergétique mondial, marquée par une diversification des partenariats, une valorisation accrue des ressources naturelles et une vision tournée vers la sécurité énergétique et le développement durable. Dans  cette optique de captation  d‘investissements, le Président directeur général (PDG) du groupe Sonatrach, M. Noureddine Daoudi, a reçu, jeudi, une délégation de la compagnie américaine Chevron, conduite par le directeur exécutif du développement commercial, M. Frank Mount, indique un communiqué du groupe public.

Lors de cette rencontre, tenue au siège de la Direction générale du groupe, en présence de ses cadres dirigeants, les deux parties ont fait le point sur l’état d’avancement des discussions relatives à la concrétisation de l’accord de principe signé, le 13 juin 2024, entre Sonatrach et Chevron. L’accord porte sur le développement des ressources pétrolières et gazières dans les zones d’intérêt commun identifiées dans les bassins d’Ahnet et de Berkine, selon la même source. 

Par Réda Hadi

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