18/05/2026
ACTUALITEAGRICULTURE/PÊCHE

Salon international des dattes: Une filière stratégique en pleine transformation

L’Algérie a donné, lundi à Alger, le coup d’envoi de la 3e édition du Salon international des dattes, un rendez-vous devenu incontournable pour les acteurs de cette filière en pleine expansion. Organisé par la Chambre nationale d’agriculture (CNA) sous le patronage du ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, l’événement se tient au Palais des Expositions des Pins Maritimes jusqu’à jeudi, réunissant 150 exposants nationaux et étrangers, dont des producteurs, artisans, coopératives, start-up, centres techniques et organismes de recherche.

Cette édition accueille donc  des participants de Tunisie, de Libye et de Turquie, ainsi que des représentants d’organismes internationaux tels que le Conseil d’affaires algéro-russe, en présence de diplomates accrédités en Algérie. Une diversité qui illustre l’importance économique et géopolitique croissante de la filière dattière algérienne.

Dans son allocution inaugurale, le ministre de l’Agriculture, Yacine El-Mahdi Oualid, a mis en avant la place stratégique des dattes dans le développement des exportations agricoles nationales. « Ce Salon est un espace important pour faire connaître la datte algérienne, une ressource d’une grande valeur», a-t-il déclaré, soulignant que la production abondante constitue désormais un atout pour accéder à de nouveaux marchés internationaux.

Le ministre a rappelé que l’Algérie dispose d’un potentiel unique au monde : un patrimoine génétique de plus de 1 000 variétés, près de 19 millions de palmiers dattiers, et une production moyenne dépassant 11,5 millions de quintaux entre 2021 et 2023. L’une des forces majeures reste la variété Deglet Nour, classée internationalement comme l’une des meilleures dattes au monde et véritable fleuron des exportations algériennes.

Pour le ministère, la filière dattes figure parmi les secteurs les plus prometteurs pour réduire la dépendance aux hydrocarbures. La demande mondiale ne cesse de croître, notamment en Europe, en Amérique du Nord et en Asie, permettant aux opérateurs algériens d’améliorer leurs parts de marché.

Selon les données communiquées par la CNA (Chambre nationale d’agriculture, l’Algérie exporte désormais vers près de 90 pays, avec un volume évalué à 780 000 quintaux de dattes fraîches et 50 000 quintaux de dattes séchées ces dernières années. Des progrès encore plus visibles en 2025, grâce à la multiplication des unités de conditionnement, à la modernisation des chaînes logistiques et à l’installation de nouvelles PME spécialisées dans la transformation.

Le ministre a encouragé les participants à s’engager davantage dans la transformation des dattes, un levier essentiel pour créer de la valeur ajoutée et diversifier les produits dérivés. Farines, sirops, confitures, pâte de datte, sucre naturel, boissons énergétiques, cosmétique : les opportunités sont nombreuses, mais restent encore insuffisamment exploitées en Algérie.

En 2025, plusieurs wilayas du Sud — Biskra, Ouargla, El Oued, Adrar — ont enregistré l’ouverture de nouvelles unités de transformation, soutenues par des incitations fiscales et des dispositifs mis en place dans le cadre de la stratégie nationale de développement agricole. Les start-up jouent également un rôle moteur, en proposant des solutions technologiques pour la traçabilité, la lutte contre les maladies du palmier ou encore l’optimisation de l’irrigation dans les zones oasiennes.

Reconnaissance internationale : un tournant majeur en 2025

L’un des progrès les plus significatifs de la filière en 2025 concerne la normalisation internationale. Yacine Oualid a rappelé que l’Algérie a réussi à intégrer les spécificités de la qualité de la datte algérienne — notamment la Deglet Nour — dans les normes mondiales adoptées par la Commission du Codex Alimentarius lors de sa 48e session tenue au siège de la FAO à Rome.

Cette reconnaissance consolide la compétitivité de la datte algérienne sur le marché mondial, en garantissant une meilleure classification, une assurance qualité renforcée et une meilleure visibilité auprès des importateurs. C’est un pas déterminant pour conquérir de nouveaux marchés à haute exigence réglementaire, comme le Japon, la Corée du Sud ou le Canada.

Le président de la Chambre nationale d’agriculture, Mohamed Yazid Hambli, a expliqué que le Salon vise avant tout à regrouper les acteurs de la filière afin de favoriser l’échange d’expertises, l’amélioration de la qualité et la promotion des exportations. Les visiteurs peuvent découvrir une gamme variée de produits dérivés, témoignant de la créativité croissante des opérateurs nationaux.

En marge du Salon, plusieurs conférences et ateliers sont consacrés à la durabilité de l’agriculture saharienne, à la modernisation de la filière, à la diversité génétique des pollinisateurs, à l’agriculture biologique et à l’importance stratégique de la datte dans la sécurité alimentaire du pays. Une session de formation est également dispensée aux professionnels sur le conditionnement et l’exportation, deux étapes clés pour l’accès aux marchés premium.

Les progrès enregistrés en 2025 confirment la volonté de l’État de faire de la filière datte un pilier majeur de son agriculture saharienne. Entre l’amélioration des rendements, la modernisation des palmeraies, l’encouragement de la transformation, la mise aux normes internationales et l’essor des exportations, la filière dattière s’impose désormais comme un moteur du développement économique dans les régions sahariennes.

Le Salon international des dattes, devenu une vitrine incontournable, reflète ainsi l’ambition de l’Algérie d’inscrire durablement ce produit emblématique dans la compétition mondiale, tout en soutenant l’innovation, l’entrepreneuriat et la valorisation du patrimoine oasien.

Par Réda Hadi

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