Lutte contre la corruption: Plus de 1 500 signalements reçus en 2025
À l’heure où la lutte contre la corruption devient un enjeu global, l’Algérie affirme sa volonté de moderniser ses dispositifs, de promouvoir la transparence et de protéger ceux qui osent dénoncer. Plus de 1 500 signalements ont été enregistrés par la Haute Autorité de transparence, de prévention et de lutte contre la corruption au cours de l’année 2025. Ces chiffres traduisent non seulement une dynamique nouvelle et une prise de conscience citoyenne, mais aussi l’engagement des institutions dans un système de détection en pleine modernisation.

Lors d’un entretien accordé au forum de la radio, la présidente de la Haute Autorité, Mme Salima Mesrati, a précisé : « Ce chiffre ne signifie pas que la corruption a augmenté, mais plutôt que les canaux de dénonciation se démocratisent et que la confiance dans les mécanismes de traitement se consolide ». Ces signalements sont examinés par une cellule dédiée qui se réunit toutes les deux semaines et permettent de dresser une « cartographie des vulnérabilités » sectorielles, facilitant ainsi l’adaptation des actions de prévention. La Haute Autorité insiste sur le volet préventif, qu’elle juge « moins coûteux et plus efficace » que les poursuites judiciaires. « Notre rôle est d’abord d’empêcher la corruption de se produire », a rappelé la présidente. Elle a ajouté : « Quand l’argent est détourné à l’étranger, les procédures de récupération sont longues, complexes et coûteuses. Mieux vaut travailler en amont ».
L’analyse des 1 540 signalements reçus en 2025 a permis d’identifier les secteurs les plus exposés aux soupçons sans pour autant préjuger de la réalité des faits et d’ajuster les plans d’action. « Environ la moitié de ces signalements débouchent sur des investigations approfondies », a détaillé Mme Mesrati. « Les autres sont écartés soit parce qu’ils relèvent d’autres autorités, soit parce qu’ils manquent de fondement concret ». La confidentialité des lanceurs d’alerte reste une priorité absolue : « Tous nos agents signent un engagement de confidentialité, du simple gardien au plus haut responsable. Nous utilisons des canaux sécurisés et ne révélons jamais l’identité d’un citoyen sans son accord », a-t-elle assuré. Par ailleurs, un cadre juridique renforcé, incluant la loi 06-01 et des dispositions du code de procédure pénale, offre désormais une meilleure protection aux alertants.
Par M. A.
