18/05/2026
ACTUALITEAGRICULTURE/PÊCHE

Sécurité alimentaire, modernisation agricole et gestion du foncier: Les priorités du ministère de l’Agriculture

Le président de la Chambre d’agriculture de la wilaya d’Alger, est revenu longuement sur les grands chantiers engagés dans le secteur agricole : sécurité alimentaire, relance des filières stratégiques, numérisation, gestion du foncier et modernisation de la production. Autant de priorités fixées par le président de la République et que le secteur s’efforce aujourd’hui de concrétiser.

Pour Ibrahim Djeribia qui s’exprimait hier sur les ondes de la radio « Chaîne III », la sécurité alimentaire demeure « le dossier majeur auquel le Président de la République accorde une attention constante». Il a  rappelé que l’Algérie couvre aujourd’hui plus de 75 % de ses besoins alimentaires, grâce à une production agricole abondante, notamment dans les filières des agrumes et du maraîchage. L’intervenant a souligné toutefois que trois filières restent hautement stratégiques et nécessitent un effort soutenu, à savoir, les filières des céréales, celles du  lait, et la viande rouge. Concernant les céréales, l’objectif national demeure ambitieux : atteindre entre 70 et 80 millions de quintaux pour couvrir une demande estimée à 9 millions de tonnes. L’Algérie ne dépend plus de l’importation de semences céréalières depuis plus de 30 ans, grâce au travail des ingénieurs de l’Institut des grandes cultures, un acquis majeur pour la souveraineté alimentaire.

La question de l’eau reste cependant déterminante, particulièrement pour la céréaliculture pluviale. C’est pourquoi une partie de la stratégie nationale repose sur le développement agricole au Sud, où les réserves souterraines sont très importantes. Le président de la Chambre d’agriculture a évoqué plusieurs projets d’envergure destinés à renforcer la production nationale. Parmi eux, le programme “Baladna” avec le Qatar, présenté comme « l’un des projets du siècle », qui porte à la fois sur la production de céréales, de viande et de lait.

Autre initiative stratégique : le partenariat algéro-italien à Timimoun, portant sur 36 000 hectares dédiés à la culture céréalière et à l’industrie des pâtes. Ces projets confirment, selon lui, « une dynamique nouvelle et solide » dans la politique partenariale du secteur agricole.

Pourtant il soulève que la filière laitière reste fragile, « encore fortement dépendante des importations ». Le programme Qatar-Algérie devrait contribuer à réduire, à moyen terme, la facture en devises liée à la poudre de lait. La filière viande est elle aussi confrontée à plusieurs difficultés, notamment la flambée et la spéculation sur les aliments du bétail. Un nouveau dispositif a été mis en place afin d’identifier précisément les éleveurs et les quantités d’aliments à distribuer, une étape essentielle, selon Djeribia, pour stabiliser les prix et sécuriser la production.

Reste a-t-il encore estimé  que la numérisation, fortement encouragée par le Président de la République, constitue l’un des chantiers les plus avancés au sein des chambres d’agriculture. Depuis 2023, les 58 chambres de wilaya ont engagé un recensement complet des agriculteurs, des productions et des potentialités locales.

La plateforme nationale “Warfati” attribue désormais à chaque agriculteur un numéro d’identification unique, et une carte d’agriculteur dotée d’un code QR est en préparation. Elle permettra de simplifier les démarches administratives, les contrôles et l’accès aux banques. Selon Djeribia, la numérisation permettra aussi de corriger les chiffres erronés du passé : « On parlait autrefois de 26 à 28 millions de têtes ovines ; les données actualisées montrent qu’il s’agit en réalité d’environ 18 millions». Concernant le dossier du foncier agricole, pour lui, la régularisation  constitue un enjeu central. Le Président de la République a instruit les autorités d’accélérer le règlement définitif de ce dossier avant 2025. Les wilayas travaillent à la récupération des terres non exploitées, au partenariat entre exploitants et à la mise en place de garanties pour protéger le foncier productif.

Djeribia souligne la nécessité d’une numérisation complète du foncier et d’une délivrance accélérée des titres de concession, encore freinée par des lenteurs administratives. Tous ces résultats aussi positif soient ils, dépendent d’un accompagnement, et de citer la modernisation de l’agriculture qui  s’accompagne de la création d’un Conseil scientifique, composé de 34 membres. Le président de la Chambre d’agriculture plaide toutefois pour son élargissement aux professionnels du terrain : agriculteurs, chambres d’agriculture, opérateurs privés. « La recherche n’a de sens que si elle répond aux besoins du terrain et aux priorités du gouvernement », insiste-t-il

Par Réda Hadi

Publicité

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *