18/05/2026
ACTUALITENATIONAL

3 035 projets nationaux, 215 internationaux et 2 700 micro-entreprises: L’université algérienne s’affirme comme moteur économique

Avec plus de 3 000 projets de recherche nationaux, 215 programmes internationaux actifs, 47 filiales économiques générant déjà 1,5 milliard de dinars de chiffre d’affaires et près de 2 700 micro-entreprises créées au sein des universités, la recherche scientifique algérienne change d’échelle. En 2025, ces chiffres témoignent d’un basculement vers une recherche orientée impact économique, innovation et création de valeur, portée par une vision renouvelée de l’université comme acteur central du développement national.

Longtemps cantonnée à un rôle académique, la recherche scientifique s’impose désormais comme un levier stratégique de création de richesse et d’emplois. Mohamed Bouhicha, directeur général de la recherche scientifique et du développement technologique (DGRSDT), a souligné sur les ondes de la « Chaîne I » de la radio nationale: « Aujourd’hui, on ne peut plus parler de recherche scientifique sans l’inscrire dans l’économie de la connaissance. C’est un choix stratégique qui conditionne notre développement futur ».

Sur les 3 035 projets nationaux, la majorité répond directement aux besoins exprimés par des partenaires économiques et sociaux. « Le projet de recherche n’est plus une idée abstraite. Il part d’un besoin réel formulé par un partenaire socio-économique, ce qui garantit la valorisation des résultats », a expliquéle responsable. La première vague des programmes nationaux a identifié 53 projets à fort potentiel de transfert technologique, et les vagues suivantes devraient produire des résultats encore plus significatifs.

La recherche internationale est également dynamique, avec 215 projets en cours, menés avec l’Italie, l’Espagne ou l’Afrique du Sud. Ces initiatives ont un impact économique et social concret, comme l’illustre la culture du safran en Algérie, issue d’un projet euro-méditerranéen.La valorisation économique est visible à travers les 47 filiales économiques des centres de recherche, dotées d’un capital de 112 millions de dinars et générant 1,5 milliard de chiffre d’affaires, avec un objectif de 5 milliards en 2027. Mohamed Bouhichaa rappelé : « La recherche n’est plus un centre de coûts, mais un véritable producteur de valeur ajoutée pour l’économie nationale ».Dans les universités, 2 700 micro-entreprises ont été créées en deux ans, qu’il s’agisse de start-up innovantes ou de spin-off technologiques. « L’université n’est plus un simple lieu de formation. Elle devient un espace de production, d’innovation et d’emplois », a insisté le DGRSDT.

La structuration territoriale et les pôles scientifiques renforcent cette dynamique : Sidi Bel Abbès pour le génie des matériaux, Béjaïa pour l’agroalimentaire, Constantine pour la biotechnologie, Oran pour l’ingénierie automobile. 77 équipes de recherche mixtes, dont 55 dédiées à la santé, aux sciences de la vie et à la sécurité alimentaire, travaillent sur des thématiques allant des semences résistantes à la sécheresse à l’intelligence artificielle pour le diagnostic médical. Des pôles d’excellence dans l’intelligence artificielle, le cloud computing, les nanotechnologies et l’Internet des objets sont également en développement. Le pôle national d’intelligence artificielle au CERIST devrait entrer en service en 2026. « L’intelligence artificielle nécessite des investissements lourds et une vision claire. Nous avons choisi une approche mutualisée et structurée », a précisé Mohamed Bouhicha.

Avec environ 0,5 % du PIB consacré à la recherche et au développement, l’Algérie reste en deçà des standards internationaux. Le DGRSDT a insisté sur l’implication nécessaire du secteur privé : « Dans les économies avancées, l’essentiel du financement de la recherche provient des entreprises. C’est un chantier sur lequel nous devons avancer ». La politique nationale de recherche se concentre sur la sécurité alimentaire, énergétique, la santé publique et la cybersécurité, avec un programme national dédié attendu l’an prochain.  Mohamed Bouhichaa conclu : « Nous avons aujourd’hui les compétences, les infrastructures et la vision. L’enjeu est désormais de transformer durablement la connaissance en richesse au service du pays ».

Par Adem A.

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