Tebboune ordonne l’importation d’un million de moutons en prévision de l’Aïd El-Adha 2026
En prévision de l’Aïd El-Adha, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a donné son feu vert à l’importation d’un million de têtes ovines afin de soutenir le marché national du bétail et de préserver le pouvoir d’achat des citoyens. L’annonce a été faite par le Premier ministre, Sifi Ghrieb, à l’issue de la réunion du Gouvernement tenue ce mercredi à Alger.

À travers cette initiative, les autorités entendent renforcer la régulation du marché du bétail et instaurer des conditions plus équilibrées à l’occasion de l’Aïd El-Adha, en cohérence avec les engagements de l’État en matière de protection du pouvoir d’achat et de stabilité des prix des produits de large consommation. Cette décision présidentielle, qualifiée de stratégique, s’inscrit dans une démarche anticipative visant à garantir la disponibilité du bétail sur le marché national et à atténuer les tensions sur les prix, souvent observées à l’approche de cette fête religieuse. Selon le communiqué des services du Premier ministre, l’objectif est d’assurer un approvisionnement suffisant et de répondre à la forte demande des ménages dans un contexte économique et social particulièrement sensible.
Lors de cette réunion, les membres du Gouvernement ont été informés des contours de cette mesure, qui traduit la volonté des pouvoirs publics d’intervenir directement pour réguler le marché et prévenir toute forme de spéculation susceptible de pénaliser les consommateurs. Dans ce cadre, le ministre de l’Agriculture a été instruit de prendre, sans délai, l’ensemble des dispositions nécessaires à la mise en œuvre effective de cette opération d’importation.
Parallèlement, la loi de finances 2026 a introduit une mesure exceptionnelle destinée à soutenir le marché national de la viande et à contenir la hausse des prix. Celle-ci prévoit, jusqu’au 30 juin 2026, une exonération temporaire des droits et taxes applicables à l’importation de cheptel vif. Les opérations portant sur l’importation de têtes ovines vivantes destinées à l’abattage à l’occasion de l’Aïd El-Adha, ainsi que celles concernant les cheptels bovins vifs destinés à l’abattage, bénéficient ainsi de la suppression de la TVA, des droits de douane et des autres prélèvements parafiscaux, notamment la taxe de domiciliation bancaire, la contribution de solidarité et le précompte applicable aux importations de marchandises destinées à la revente en l’état. À travers cette mesure, les pouvoirs publics cherchent à réduire les coûts d’importation, renforcer l’offre sur le marché national et contribuer à la stabilisation des prix au profit du consommateur, dans un contexte marqué par de fortes tensions sur les filières animales.
Pour rappel, une mesure similaire avait déjà été adoptée en 2025, lorsque le gouvernement, confronté à une pénurie significative de moutons sur le marché national et à une flambée des prix du bétail, avait décidé d’importer un million de têtes ovines afin d’anticiper les besoins liés à l’Aïd El-Adha. Cette décision, prise lors d’un Conseil des ministres présidé par le président de la République, visait alors à stabiliser les prix, garantir la disponibilité du bétail et alléger la pression économique sur les familles algériennes à l’approche de la fête sacrificielle.
Afin de concrétiser cette opération, un appel d’offres international avait été lancé, sur la base d’un cahier des charges élaboré par le ministère de l’Agriculture, permettant d’identifier les pays en mesure de fournir les volumes requis. Les premiers lots de moutons avaient ainsi commencé à arriver dans plusieurs ports du pays, notamment en provenance de la Roumanie et de l’Espagne, avec des débarquements successifs à Alger, Annaba et Oran. Dans le cadre de cette initiative, le gouvernement avait également fixé un prix de vente encadré pour les moutons importés, établi à 40 000 dinars algériens, un niveau nettement inférieur à ceux observés sur le marché local, où les prix avaient été tirés vers le haut par la rareté et la spéculation. Cette tarification visait à offrir une option accessible aux consommateurs et à prévenir la flambée des prix traditionnellement constatée à l’approche de l’Aïd.
L’opération avait alors été favorablement accueillie par les associations de consommateurs et les organisations professionnelles, qui avaient salué l’effort de l’État pour maîtriser les prix et garantir un accès équitable au bétail. La distribution avait été organisée à travers des points de vente encadrés et des listes nominatives, afin de limiter les comportements spéculatifs et d’assurer une répartition équilibrée à l’échelle nationale. Cette mesure de 2025 s’inscrivait dans une réponse pragmatique à une conjoncture marquée par la sécheresse, la baisse de la production locale et la pression inflationniste, des facteurs ayant accentué la rareté du cheptel et les tensions sur le marché du mouton à l’occasion de l’Aïd El-Adha.
Par Adem A.
