03/04/2026
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Ramadhan 2026: Dispositif renforcé pour préserver le pouvoir d’achat

À l’approche du mois sacré de Ramadhan 2026, les autorités publiques ont enclenché une série de mesures exceptionnelles visant à garantir l’approvisionnement des marchés, contenir les prix et protéger le pouvoir d’achat des ménages, dans un contexte économique international marqué par les tensions inflationnistes et les perturbations des chaînes d’approvisionnement. Ces orientations ont été au cœur d’une réunion interministérielle présidée récemment par le Premier ministre, consacrée exclusivement aux préparatifs de ce rendez-vous social et économique majeur.

Invité de la chaîne 3, l’économiste et professeur universitaire,  Nabil Djemaa, a livré une lecture approfondie de cette feuille de route gouvernementale, qu’il qualifie de « plus structurée et plus proactive » que celles mises en œuvre les années précédentes. Selon lui, l’État semble avoir tiré les enseignements des dysfonctionnements passés, notamment en matière de gestion des circuits de distribution et de lutte contre la spéculation.

La première mesure phare mise en avant pour Ramadhan 2026 est la constitution anticipée de stocks suffisants de produits de large consommation. Cette stratégie vise à éviter les pénuries cycliques observées lors des précédents Ramadhans, souvent à l’origine de flambées incontrôlées des prix. « Cette fois-ci, l’État ne gère plus la crise au jour le jour, mais anticipe », souligne Nabil Djemaa, insistant sur l’importance de cette approche préventive.

Les produits alimentaires sensibles, notamment les céréales, les huiles, le sucre, la viande et certains légumes, font l’objet d’un suivi renforcé, avec une mobilisation accrue des entreprises publiques et privées pour sécuriser l’offre nationale.

Dans les mesures prises, un autre  levier activé est  la facilitation, comme celui des importations ciblées. Contrairement aux politiques antérieures souvent jugées improvisées, les autorités ont opté pour une ouverture sélective et temporaire des importations, limitée aux produits connaissant des tensions structurelles sur le marché local. Cette mesure permet de stabiliser les prix sans fragiliser la production nationale, tout en répondant à une demande accrue durant le mois sacré.

L’objectif est clair : éviter les déséquilibres du marché tout en réduisant les pratiques spéculatives qui exploitent les périodes de forte consommation.

Aussi, la lutte contre les dérives dans les circuits de distribution constitue un autre pilier central du dispositif Ramadhan 2026. Les autorités ont annoncé un renforcement significatif des contrôles sur l’ensemble de la chaîne, du producteur au détaillant. « Les circuits parallèles et les intermédiaires informels ont longtemps pénalisé le consommateur algérien », rappelle l’expert.

Cette année, la rigueur est de mise : contrôles permanents, sanctions dissuasives et responsabilisation directe des acteurs économiques. L’accent est mis sur des résultats mesurables et durables, loin des simples effets d’annonce observés par le passé.

Par ailleurs, dit-il, le Premier ministre a également insisté sur la nécessité d’assurer une disponibilité suffisante des liquidités durant le mois de Ramadhan, période marquée par une hausse des transactions commerciales. Les institutions financières ont été instruites de garantir la continuité des services bancaires et l’approvisionnement des distributeurs automatiques, afin d’éviter toute tension monétaire susceptible d’amplifier les déséquilibres du marché.

Ces mesures s’inscrivent dans un cadrage macroéconomique plus large défini par le président de la République, reposant sur plusieurs piliers stratégiques : la sécurité économique et sociale, la sécurité alimentaire et l’accélération de l’investissement productif. Pour Nabil Djemaa, cette approche traduit une volonté claire d’articuler politique sociale et soutenabilité budgétaire.

« Il ne s’agit plus d’un catalogue de vœux, mais d’un cadre de discipline gouvernementale », explique-t-il, soulignant l’insistance des autorités sur la responsabilisation directe des ministres et l’obligation de résultats concrets sur le terrain.

Enfin, Ramadhan 2026 intervient dans un contexte où la priorité est donnée à la production nationale, afin de réduire durablement la dépendance aux importations. Les investissements publics et privés sont encouragés, notamment dans les filières agroalimentaires, avec pour objectif de renforcer l’offre locale et de stabiliser les prix à moyen terme.

Toutefois, l’économiste estime que ces avancées devront s’accompagner de réformes plus profondes, notamment dans le financement bancaire et l’organisation logistique, pour garantir l’efficacité et la pérennité des mesures engagées.

En somme, Ramadhan 2026 s’annonce comme un test grandeur nature pour la nouvelle approche économique de l’État, fondée sur l’anticipation, la régulation et la protection du consommateur. Un pari ambitieux, mais nécessaire, face aux défis sociaux et économiques actuels.

Par Réda Hadi

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