18/05/2026
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Gouvernance, climat et économie: Le deuxième colloque national sur la RSE s’ouvre à Alger

Le deuxième colloque national consacré à la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) s’est ouvert à Alger, confirmant la volonté des acteurs économiques, institutionnels et académiques d’ancrer durablement les principes du développement durable et de la gouvernance responsable dans le tissu économique algérien.

Organisée par le cabinet TERENCE, avec le soutien de partenaires nationaux et internationaux, cette rencontre se veut un espace de réflexion stratégique autour des mutations économiques, environnementales et sociales auxquelles l’Algérie est confrontée, dans un contexte marqué par de profondes transformations régionales et mondiales. Dans son allocution d’ouverture, Yassine Foudad, directeur du cabinet TERENCE, a souligné l’ambition des organisateurs de faire de ce colloque un rendez-vous annuel. Il a rappelé que la RSE n’est plus une option mais un levier central de management, de gouvernance et de performance globale, impactant directement les choix stratégiques des entreprises et des organisations. Selon lui, la convergence entre RSE et démarches qualité constitue un socle essentiel pour inscrire les actions économiques dans une logique d’amélioration continue et de création de valeur durable.

Le colloque se distingue par la richesse de son programme, structuré autour de plusieurs panels thématiques portant notamment sur la sécurité alimentaire, énergétique, hydrique et numérique, ainsi que sur les enjeux climatiques et territoriaux. Il réunit des représentants d’entreprises publiques et privées, des universitaires, des experts, des acteurs du monde associatif et des organisations non marchandes, traduisant une approche inclusive de la responsabilité sociétale.

Parmi les interventions marquantes de cette première journée, celle du Dr Mohamed Bacha, ancien ministre de l’Industrie, a mis en lumière le moment charnière que traverse l’économie algérienne. Il a estimé que le pays se trouve à un point de bascule historique, plus de soixante ans après l’indépendance, appelant à accélérer le décollage économique à travers une vision stratégique claire. Pour lui, la RSE doit être intégrée comme un outil d’urgence stratégique permettant de corriger les vulnérabilités structurelles, notamment la faible diversification productive, la dépendance aux chocs extérieurs et l’insuffisante création d’emplois qualifiés.

Le Dr Bacha a également insisté sur la nécessité de densifier le développement industriel et technologique, en misant sur des filières porteuses telles que l’agro-industrie, les mines, les énergies renouvelables et la substitution des importations. Il a plaidé pour la montée en gamme des entreprises, majoritairement composées de très petites structures, et pour la promotion de champions nationaux capables de s’imposer à l’international, condition essentielle, selon lui, pour réduire la dépendance aux agendas des grandes multinationales.

Sur le plan institutionnel, l’ancien ministre a pointé la fragmentation sectorielle, la complexité de la gouvernance et le manque de coordination entre acteurs publics et privés. Il a appelé à un alignement stratégique fort, intégrant les dimensions écologiques et sociales, afin d’assurer la cohérence des politiques publiques et leur acceptabilité sociale.

De son côté, le Pr Samir Grimes, expert en environnement et climat, a axé son intervention sur les enjeux climatiques et le potentiel de l’économie bleue en Algérie. Il a rappelé les implications des réglementations internationales, notamment en matière de réduction de l’empreinte carbone du transport maritime et des activités industrielles. Il a mis en évidence le potentiel considérable des énergies renouvelables marines le long du littoral algérien, estimé à plusieurs gigawatts, ainsi que les opportunités liées au dessalement de l’eau de mer, au tourisme littoral, à la construction et à la réparation navales.

Le Pr Grimes a également alerté sur la vulnérabilité croissante des zones côtières face au changement climatique. La Méditerranée, a-t-il souligné, se réchauffe plus rapidement que la moyenne mondiale, exposant les infrastructures, les villes côtières et les écosystèmes marins à des risques accrus. Il a rappelé que l’Algérie figure parmi les zones classées comme hotspots climatiques, ce qui impose d’anticiper et de développer des solutions de résilience territoriale et d’aménagement durable du littoral.

L’expert a enfin évoqué les engagements climatiques de l’Algérie dans le cadre de l’Accord de Paris, ainsi que l’émergence de nouvelles initiatives internationales intégrant les océans et les mers dans les stratégies climatiques nationales. Autant d’éléments qui, selon lui, renforcent la nécessité d’intégrer pleinement la RSE et la durabilité environnementale dans les politiques économiques et industrielles.

Pour sa part, Mme Chahanez Boumediene, Trusted Adviser Manager, a présenté une communication sur le thème : « L’économie circulaire au service de la RSE », en soulignant l’importance de produire mieux en utilisant moins de ressources. Elle a ainsi précisé que l’économie circulaire constitue un levier d’innovation et de création de valeur. À travers ce deuxième colloque, dont les travaux se poursuivront aujourd’hui, les organisateurs entendent contribuer à l’émergence d’une vision partagée de la responsabilité sociétale en Algérie, en faisant de la RSE un véritable levier de transformation économique, sociale et environnementale, au service d’un développement durable et inclusif.

Par Zahir Radji

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