18/05/2026
ACTUALITEFINANCE

Bourse d’Alger: La valeur des transactions dépasse les 10 milliards DA

La Bourse d’Alger confirme son entrée dans une nouvelle phase de développement. Après plusieurs années d’activité modérée, le marché financier algérien enregistre une dynamique inédite depuis 2024, portée par une série de réformes structurelles et par l’introduction de nouveaux acteurs. Au second semestre 2025, la valeur des transactions a dépassé les 10 milliards de dinars algériens, tandis que les échanges du dernier trimestre ont atteint près de 52 millions de dollars, selon un rapport du Fonds monétaire arabe qui classe Alger au deuxième rang des bourses arabes en matière de croissance sur cette période.

Après des années de relative discrétion, la place financière d’Alger s’est résolument engagée dans une transformation structurelle, avec l’ambition affirmée de devenir un véritable levier de financement et un pilier central de la diversification économique nationale. Invité de la « Chaîne 1 » de la Radio nationale, le président de la Commission d’organisation et de surveillance des opérations de Bourse (COSOB), Youcef Bouzenada, a souligné que « depuis 2024, la Bourse d’Alger est entrée dans une autre dynamique », après une longue période d’activité limitée. Selon lui, cette évolution est directement liée aux réformes engagées dès 2023, une année charnière marquée par la modernisation en profondeur du cadre réglementaire et par la publication de onze nouveaux règlements au Journal officiel, destinés à aligner le marché financier algérien sur les standards internationaux.

Parmi les mesures phares figure la création, en 2023, du « Marché de croissance », destiné aux PME et aux startups. Dans la continuité des orientations présidentielles visant à diversifier les sources de financement, la COSOB a annoncé une exonération exceptionnelle des frais d’introduction en Bourse au profit des startups pour la période 2026-2028. Cette mesure s’applique aux entreprises levant un montant n’excédant pas 500 millions de dinars.

Selon M. Bouzenada, cette exonération représente une économie d’environ 3 millions de dinars par opération, couvrant les frais normalement dus à la COSOB, à la Société de gestion de la Bourse des valeurs ainsi qu’à Algérie Clearing. « Nous attendons que les startups viennent profiter de ces avantages. Peu de pays offrent ce type de facilités », a-t-il affirmé, précisant que les entreprises concernées doivent disposer d’un historique financier de trois à cinq années d’activité. Au-delà des startups, la Bourse ambitionne de devenir une alternative crédible au financement bancaire traditionnel.

« Le financement par le marché est, par nature, moins limité que le financement bancaire soumis à des règles prudentielles », a expliqué le président de la COSOB, insistant sur la nécessité d’élargir la base des entreprises cotées pour accroître la profondeur du marché.

Sur le plan réglementaire, la réforme engagée en 2023 a également porté sur la transparence. Un nouveau règlement, récemment publié au Journal officiel, remplace le dispositif en vigueur depuis l’an 2000. Il impose aux sociétés cotées de publier leurs états financiers de manière semestrielle et annuelle, tout en procédant à un « reporting immédiat » des informations dites « significatives », c’est-à-dire susceptibles d’influencer le cours de l’action.

Le texte introduit aussi l’obligation progressive de divulguer des informations extra-financières liées à la durabilité, à la protection de l’environnement et à la gouvernance, conformément aux standards internationaux. « La transparence est au cœur du processus. Elle protège l’investisseur et renforce la crédibilité du marché », a insisté M. Bouzenada. Des sanctions graduelles sont prévues en cas de manquement aux obligations de publication.

Un projet de mise en place de sukuk est en cours

Pour démocratiser davantage l’investissement, la COSOB travaille également à la création de nouveaux Organismes de placement collectif en valeurs mobilières. Un groupe de travail, en coordination avec l’Association des banques et établissements financiers, planche sur la mise en place d’une ou deux nouvelles structures permettant de canaliser l’épargne des petits investisseurs vers les actions et obligations cotées. Parallèlement, la modernisation technologique s’accélère. Sept plateformes électroniques ont été récemment lancées afin de faciliter les opérations boursières.

Désormais, l’investisseur peut passer ses ordres d’achat ou de vente directement via son application bancaire, sans se déplacer physiquement auprès d’un intermédiaire. La Bourse d’Alger bénéficie en outre d’incitations fiscales importantes. Les sociétés cotées sont exonérées de l’impôt sur les bénéfices pendant une période déterminée, tandis que les dividendes perçus par les investisseurs sont exonérés de l’impôt sur le revenu global. Des avantages que M. Bouzenada juge « particulièrement attractifs comparativement à d’autres places financières ».

Enfin, la COSOB travaille au développement du marché des obligations et des instruments conformes à la finance islamique. Un projet de mise en place de sukuk est en cours, afin d’élargir la gamme de produits financiers et d’attirer une épargne attachée aux principes de la finance participative. Pour le président de la COSOB, le défi majeur reste l’élargissement du nombre d’entreprises cotées.

« Le principal défi aujourd’hui est d’augmenter le nombre de sociétés sur le marché. Plus le nombre d’entreprises est important, plus la profondeur et la liquidité du marché s’améliorent », a-t-il souligné, rappelant que la Bourse est « le miroir de l’économie nationale » et qu’elle doit, à terme, refléter la diversité et le potentiel des différents secteurs productifs du pays.

Par Selma R.

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