18/05/2026
ACTUALITEAGRICULTURE/PÊCHE

Mécanisation, coopératives agricoles… Un nouveau cap pour moderniser l’agriculture

Le secteur agricole a occupé une place centrale lors des derniers travaux du Conseil des ministres, où le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a réaffirmé sa volonté d’accélérer la modernisation du monde rural et de lever les obstacles administratifs qui freinent encore son essor. Au cœur des orientations présidentielles : la mécanisation accrue des exploitations et une lutte résolue contre la bureaucratie.

Le chef de l’État a insisté sur la nécessité de rompre avec les lenteurs administratives qui entravent l’investissement et compliquent le quotidien des agriculteurs. Selon lui, l’agriculture ne peut atteindre ses objectifs de performance et de sécurité alimentaire sans une gestion plus souple, plus rapide et davantage tournée vers le terrain. Il a ainsi appelé à privilégier l’efficacité opérationnelle, en rapprochant l’administration des exploitants et en simplifiant les procédures liées à l’accès aux équipements et aux services agricoles.

Dans cette optique, le président Tebboune a ordonné l’installation de coopératives agricoles relevant du groupe public Groupe Agrodiv. Ces nouvelles structures auront pour mission principale d’assurer la location d’engins agricoles au profit des agriculteurs, notamment pour les opérations de labour, de semis, de moisson et pour diverses prestations mécaniques adaptées aux besoins des exploitations.

L’objectif est double. D’une part, il s’agit de mutualiser les moyens matériels afin de permettre aux petits et moyens agriculteurs d’accéder à des équipements modernes sans supporter le coût élevé de leur acquisition. D’autre part, cette démarche vise à améliorer les rendements et à réduire les pertes liées aux retards d’intervention, en particulier durant les périodes cruciales comme les labours d’automne ou les moissons.

La répartition des engins et des prestations sera définie en fonction des superficies cultivées dans chaque wilaya, afin d’assurer une couverture équilibrée du territoire. Cette approche territorialisée devra tenir compte des spécificités agricoles locales, qu’il s’agisse des grandes plaines céréalières du Nord ou des exploitations en plein essor dans les régions sahariennes.

Le président de la République a fixé un calendrier strict : ces coopératives devront être opérationnelles avant la fin du mois de mars. Cette échéance s’explique notamment par le lancement précoce de la saison des moissons dans certaines régions du Sud, où les conditions climatiques imposent un calendrier agricole différent. Il s’agit donc d’éviter tout retard susceptible d’impacter les récoltes et, par ricochet, l’approvisionnement du marché national.

Par ailleurs, le chef de l’État a chargé le Premier ministre de superviser, dans les plus brefs délais, l’élaboration d’un cadre légal encadrant l’organisation et le fonctionnement de ces coopératives. Ce dispositif juridique devra garantir la transparence, l’efficacité et la bonne gouvernance des structures, tout en clarifiant les modalités de gestion, de tarification et de contrôle.

Autre orientation stratégique : l’acquisition du matériel agricole devra se faire auprès de fabricants locaux qualifiés. Cette décision s’inscrit dans une logique de soutien à l’industrie nationale et de réduction de la dépendance aux importations. Elle vise également à stimuler l’investissement productif et à créer des emplois dans le secteur des équipements agricoles.

À travers ces mesures, les pouvoirs publics entendent donner un nouvel élan à l’agriculture nationale, en misant sur la mécanisation, la rationalisation de la gestion et la valorisation du potentiel industriel local. Une démarche qui traduit la volonté d’inscrire durablement le secteur agricole au cœur de la stratégie de diversification économique du pays.

Par Réda Hadi

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