18/05/2026
ACTUALITENATIONAL

Accidents de la route durant le Ramadhan: 54 décès et 1 800 blessés en dix jours

Les chiffres des accidents de la route enregistrés durant les dix premiers jours du mois de Ramadhan demeurent préoccupants. Selon les données communiquées par la Protection civile, 54 personnes ont perdu la vie et 1 800 autres ont été blessées dans différents accidents de la circulation. À titre de comparaison, le Ramadhan 2025 avait enregistré 161 décès et plus de 6 800 blessés, des chiffres déjà jugés élevés. La tendance actuelle traduit ainsi une hausse notable par rapport aux cinq dernières années, et ce malgré les efforts consentis sur les plans législatif, infrastructurel et en matière de sensibilisation.

Intervenant à l’occasion de la Journée mondiale de la protection civile, célébrée le 1er mars, le lieutenant-colonel Nassim Bernaoui, sous-directeur des statistiques et de l’information à la Direction générale de la Protection civile, a qualifié ces indicateurs de « préoccupants », soulignant qu’ils ne « présagent rien de rassurant pour la suite du mois ».

Pour le responsable, la principale cause demeure le comportement des conducteurs. « Le facteur humain reste déterminant », a-t-il affirmé, évoquant l’excès de vitesse, l’impatience à l’approche de l’heure de la rupture du jeûne et le non-respect du code de la route. « Les campagnes de prévention doivent être davantage intégrées dans les habitudes quotidiennes des citoyens afin d’ancrer une véritable culture de la sécurité routière », a-t-il estimé sur les ondes de la « Chaîne II » de la radio nationale.

Par ailleurs, la Protection civile fait face à une charge opérationnelle particulièrement importante. En 2025, plus de 1,3 million d’interventions ont été enregistrées à l’échelle nationale. Parmi elles, 750 000 concernaient des opérations de secours et d’évacuation sanitaire, soit 55 % du total. Les autres interventions ont porté sur diverses opérations de sauvetage, représentant environ 15 %, sur les accidents de la route avec près de 10 %, ainsi que sur les incendies urbains et industriels.

« Ces chiffres démontrent l’ampleur des missions qui nous incombent », a souligné le responsable, rappelant que la protection des personnes, des biens et de l’environnement exige une préparation et une disponibilité permanentes. Il a également précisé que les délais d’intervention sont maintenus entre 10 et 14 minutes, conformément aux standards internationaux, en fonction de la couverture territoriale et des spécificités géographiques.

Le mois sacré est également marqué par une recrudescence des accidents domestiques, notamment en cuisine. Brûlures, explosions liées aux appareils électroménagers ou encore fuites de gaz figurent parmi les incidents les plus fréquents. Les chutes d’enfants et de personnes âgées, favorisées par la fatigue et le manque de vigilance, sont également signalées.

Dans un registre plus large, Nassim Bernaoui a évoqué la récente manœuvre nationale simulant un séisme de grande ampleur. L’exercice a mobilisé 6 000 agents en l’espace de 20 heures à travers plusieurs wilayas. « Cette opération constitue un test grandeur nature pour évaluer notre capacité de gestion des catastrophes majeures, la rapidité d’alerte et la coordination intersectorielle », a-t-il expliqué.

Placée cette année sous le thème « Gestion des risques environnementaux pour un avenir résilient et durable », la Journée mondiale de la protection civile met l’accent sur la prévention. Un programme riche a été élaboré, comprenant des colloques, des journées d’étude, des activités culturelles et sportives ainsi que des portes ouvertes destinées à rapprocher les citoyens des missions du secteur.

À noter également que la Protection civile algérienne est classée parmi les dix meilleurs dispositifs au monde, selon une étude académique de l’université Harvard. « Ce classement repose sur des critères précis tels que la rapidité d’intervention, l’organisation et la disponibilité des effectifs », a indiqué le responsable, y voyant « une reconnaissance des efforts de modernisation et de professionnalisation engagés ».

Par Selma R.

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