18/05/2026
ACTUAGRICULTURE/PÊCHE

Bureaucratie et obstacles administratifs: Des mesures pour alléger les procédures agricoles

Le ministre de l’Agriculture, Yacine Oualid, a appelé à une transformation profonde des pratiques administratives dans le secteur agricole, affirmant que le rôle de l’administration est d’apporter des solutions concrètes aux agriculteurs et non de multiplier les justifications. « Il est impossible de bâtir une économie forte avec une culture du “reviens demain” », a-t-il déclaré, soulignant la nécessité d’en finir avec les lenteurs et les blocages bureaucratiques.

Dans une publication diffusée sur sa page officielle Facebook, le ministre a insisté sur le fait que l’administration, en particulier dans le domaine agricole, doit être pleinement au service du citoyen. Il a regretté certaines pratiques qu’il juge contre-productives, estimant que « les bureaucrates excellent souvent dans l’art de se retrancher derrière des prétextes », au détriment des porteurs de projets et des exploitants.

Plaçant la simplification administrative au cœur de ses priorités, Yacine Oualid a annoncé une série de mesures destinées à alléger le poids des procédures qui pèsent sur les agriculteurs. La réforme envisagée prévoit la suppression des démarches jugées inutiles, la simplification des circuits de traitement des dossiers ainsi que la généralisation de la numérisation afin de réduire les délais et d’améliorer la transparence. Des délais clairs pour l’instruction des demandes seront fixés et des indicateurs de performance seront instaurés pour évaluer l’efficacité des responsables locaux.

Le ministre a également plaidé pour une plus grande ouverture aux compétences jeunes au sein de l’administration agricole, estimant que le renouvellement des profils et l’intégration de nouvelles expertises constituent un levier essentiel pour moderniser la gestion publique et accompagner la dynamique du secteur.

Rappelant le poids stratégique de l’agriculture dans l’économie nationale, il a souligné que le secteur contribue aujourd’hui à hauteur de 15 % au produit intérieur brut. Dans ce contexte, toute entrave aux intérêts des agriculteurs représente, selon lui, « un préjudice direct à l’économie nationale ». À travers ces orientations, le département de l’Agriculture entend inscrire son action dans une logique d’efficacité, de proximité et de soutien actif à la production nationale.

Cette volonté de rompre avec les lourdeurs administratives s’est illustrée récemment sur le terrain. En visite jeudi dernier à Blida, le ministre a rencontré un agriculteur se disant victime de la bureaucratie. La séquence, rapidement devenue virale, montre un exploitant affirmant disposer d’un agrément ainsi que d’une attestation pour acheminer du son de blé, mais se voir opposer un refus administratif au motif qu’il ne possède pas de carte d’agriculteur.

Face à cette situation, le ministre a dénoncé, sur un ton mi-amusémi-agacé, une bureaucratie « qui va nous rendre fous ». Il a souligné l’absurdité d’un cas où un agriculteur reconnu par les autorités locales ne détient pas la carte censée attester de son statut. Dans la foulée, il lui a promis que le document serait délivré dans la journée, estimant qu’un échec en ce sens constituerait « une honte pour le ministère ».

La scène a toutefois révélé la complexité des procédures. Un responsable administratif est intervenu pour préciser que la délivrance immédiate restait impossible en l’absence d’un numéro requis par la Chambre nationale compétente. Le ministre a alors rétorqué que ce numéro serait transmis « de suite », illustrant en temps réel les lenteurs et les enchevêtrements procéduraux qu’il venait précisément de dénoncer.

Par S. R.

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