18/05/2026
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Le Brent frôle les 86 dollars

Les prix du pétrole poursuivent leur hausse sur les marchés internationaux, portés par les inquiétudes liées aux perturbations de l’approvisionnement au Moyen-Orient. Ce vendredi, le baril de Brent pour livraison en mai s’est rapproché du seuil des 86 dollars, enregistrant une sixième séance consécutive de progression. Selon les données du marché, le Brent de la mer du Nord pour livraison en mai 2026 a progressé de 0,63 %, atteignant 85,95 dollars le baril, tandis que le brut américain West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en avril 2026 a gagné 0,56 %, s’établissant à 81,46 dollars le baril.

Cette hausse intervient dans un contexte de tensions croissantes sur l’offre mondiale de pétrole, en grande partie liées aux perturbations dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite près d’un cinquième de l’approvisionnement mondial quotidien. L’escalade militaire débutée le 28 février entre les États-Unis et l’Entité Sioniste d’un côté et l’Iran de l’autre a entraîné des interruptions dans le trafic des pétroliers et affecté les flux énergétiques dans l’une des principales zones de production d’hydrocarbures au monde, provoquant également des perturbations dans la production pétrolière, le fonctionnement de certaines raffineries et des installations de gaz naturel liquéfié (GNL).

Sur l’ensemble de la semaine, les prix du pétrole se dirigent vers des gains significatifs : le Brent pourrait enregistrer une progression hebdomadaire supérieure à 16,4 %, tandis que le WTI affiche une hausse proche de 19,2 %, ce qui constituerait leur plus forte performance hebdomadaire depuis le déclenchement de la guerre entre la Russie et l’Ukraine en février 2022.

Face à cette situation, les autorités américaines ont pris des mesures pour atténuer les tensions sur l’offre énergétique. Le département du Trésor a accordé des dérogations permettant à certaines entreprises d’acheter du pétrole russe sous sanctions, actuellement stocké à bord de pétroliers, notamment pour des raffineries indiennes qui ont commencé à acquérir ces cargaisons après plusieurs mois de pression internationale. Selon la société de suivi maritime Kpler, environ 30 millions de barils de pétrole russe sont actuellement stockés à bord de navires dans l’océan Indien, la mer d’Arabie et le détroit de Singapour, y compris dans des installations de stockage flottantes.

Malgré la progression récente des prix, certains analystes estiment que la hausse reste modérée par rapport aux chocs pétroliers précédents, comme celui de 2022 lors de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, quand le Brent avait dépassé 100 dollars le baril. Cependant, toute perturbation prolongée dans le détroit d’Ormuz pourrait accentuer les tensions sur les prix et déséquilibrer le marché énergétique mondial. L’AIE souligne un surplus pétrolier malgré les tensions au Moyen-Orient

Dans ce contexte, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) souligne que les marchés pétroliers mondiaux disposent toujours d’un surplus, estimé à 3,7 millions de barils par jour pour 2026, le problème principal résidant dans la logistique et le transport plutôt que dans la production. L’agence examine toutes les options, y compris le recours aux réserves stratégiques couvrant 90 jours de consommation, sans décision concrète pour le moment.

Sur le plan du gaz, le directeur exécutif de l’AIE, Fatih Birol, met en garde contre un retour à la dépendance vis-à-vis du gaz russe, rappelant que l’afflux prévu de 300 milliards de m³ de GNL sur les cinq prochaines années, dont 75 % de volumes flexibles, pourrait réduire les coûts et modifier les dynamiques du marché. L’Europe étudie des mesures pour limiter l’impact sur les consommateurs et les industries énergivores, bien que leur mise en œuvre reste complexe.

La situation internationale demeure incertaine : le Qatar avertit que la normalisation des livraisons de GNL pourrait prendre des semaines ou des mois, tandis que le président russe Vladimir Poutine menace toujours d’interrompre ses exportations vers l’Europe, malgré une légère hausse de 0,4 % des livraisons du projet Yamal en février 2026 par rapport à l’an dernier. Dans ce contexte, malgré ces perturbations ponctuelles, le marché mondial conserve un surplus pétrolier et une offre croissante en gaz, ce qui pourrait limiter les effets durables sur les prix.

Par S. R/Agence

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