18/05/2026
ACTUALITENATIONAL

Régulation du marché et protection du pouvoir d’achat: Les orientations de Tebboune à l’Exécutif

La réunion du Conseil des ministres d’Algérie, présidée par le président de la République Abdelmadjid Tebboune, a été marquée par l’examen de plusieurs dossiers d’importance nationale. Si certains points relèvent du domaine politique ou institutionnel, plusieurs décisions et orientations ont surtout mis en évidence la dimension économique de l’action gouvernementale, notamment en matière de régulation du marché, de protection du pouvoir d’achat, de sécurité alimentaire et d’adaptation aux défis climatiques.

Au cœur des discussions figurait d’abord la question de la régulation du marché intérieur, particulièrement sensible dans un contexte marqué par les fluctuations des prix de certains produits alimentaires. Le chef de l’État a insisté sur la nécessité d’un suivi quotidien sur le terrain afin de lutter contre les pratiques spéculatives qui touchent notamment certains fruits et les viandes importées. Cette orientation s’inscrit dans une stratégie plus large visant à stabiliser les marchés et à protéger le pouvoir d’achat des citoyens. Les autorités entendent ainsi renforcer les mécanismes de contrôle et de régulation afin d’éviter toute manipulation des prix ou toute forme de pénurie artificielle.

Dans ce cadre, le président de la République a donné des instructions fermes pour sanctionner les opérateurs impliqués dans des pratiques spéculatives. Les personnes reconnues coupables de fraude ou de manipulation du marché seront inscrites sur des listes noires et se verront interdire définitivement toute activité commerciale ou d’importation. Une telle mesure traduit la volonté des pouvoirs publics de moraliser le commerce et d’instaurer un climat économique plus transparent, favorable à la concurrence loyale et à la protection des consommateurs.

L’un des dossiers économiques majeurs abordés lors de cette réunion concerne l’opération d’importation d’un million de têtes de moutons en prévision de l’Aïd El-Adha 2026. Cette initiative vise principalement à garantir la disponibilité du cheptel et à éviter une flambée des prix sur le marché national durant cette période de forte demande. En fixant un plafond de 50 000 dinars pour le prix de vente du mouton importé, les autorités cherchent clairement à préserver le pouvoir d’achat des ménages et à empêcher toute spéculation excessive.

Un autre dossier ayant une forte dimension économique concerne la lutte contre l’invasion des criquets dans les régions du Sud du pays. Les essaims de criquets représentent en effet une menace sérieuse pour les récoltes agricoles et, par conséquent, pour la sécurité alimentaire nationale. La protection des cultures constitue un enjeu stratégique, notamment dans un contexte où l’Algérie cherche à renforcer sa production agricole et à réduire sa dépendance aux importations alimentaires.

Face à ce risque, le président de la République a ordonné le renforcement des moyens de lutte contre ce phénomène, notamment par le recours à des méthodes scientifiques et technologiques modernes. Parmi ces mesures figure l’épandage aérien de pesticides dans les zones les plus exposées, en particulier dans les régions frontalières qui constituent les premières zones de contact avec les essaims de criquets. L’utilisation des images fournies par les satellites algériens permettra également d’améliorer la surveillance et la détection précoce des mouvements de ces insectes, afin d’intervenir rapidement avant qu’ils ne causent des dégâts importants aux cultures.

La réunion a également abordé la question de l’adaptation aux changements climatiques, un défi qui possède aujourd’hui une dimension économique majeure. Les effets du changement climatique affectent directement plusieurs secteurs productifs, notamment l’agriculture, les ressources en eau et l’environnement. Dans cette perspective, les autorités entendent mettre en place une série de mesures destinées à renforcer la résilience de l’économie nationale face à ces transformations. Parmi les décisions évoquées figure le renforcement des capacités de contrôle des produits importés à travers l’augmentation du nombre de laboratoires dans les ports et les aéroports du pays.

Cette mesure vise à garantir la qualité sanitaire et environnementale des produits entrant sur le marché national, tout en protégeant les consommateurs et les filières économiques locales contre les produits non conformes. Dans le même esprit, le président de la République a insisté sur l’accélération du programme de traitement et de réutilisation des eaux usées. L’objectif fixé est d’atteindre un taux d’exploitation d’au moins 30 %, ce qui permettrait de renforcer les ressources hydriques disponibles, notamment pour l’agriculture et certains usages industriels.

Dans un pays confronté à un stress hydrique croissant, la valorisation de cette ressource constitue un enjeu économique et environnemental de premier plan. Ainsi, à travers les différents dossiers examinés lors de cette réunion du Conseil des ministres, l’accent a été mis sur plusieurs priorités économiques : la régulation du marché et la lutte contre la spéculation, la protection du pouvoir d’achat des citoyens, la sécurisation de la production agricole et l’adaptation de l’économie nationale aux défis environnementaux.

Ces orientations traduisent la volonté des pouvoirs publics de consolider les bases d’une économie plus résiliente, capable de répondre aux besoins de la population tout en faisant face aux mutations régionales et mondiales.

Par Réda Hadi

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