Approvisionnement en GNL: L’Algérie en discussion avec l’Egypte et la Jordanie
Face aux tensions ayant affecté l’approvisionnement gazier de plusieurs pays arabes, Alger s’est rapidement imposée comme une option «crédible» pour atténuer les déséquilibres et renforcer la sécurité énergétique de ses partenaires. L’Algérie a ainsi engagé des discussions avec plusieurs pays de la région, notamment l’Égypte et la Jordanie, afin de proposer des solutions de substitution fondées sur ses capacités d’exportation, en particulier sous forme de gaz naturel liquéfié (GNL).
Cette démarche s’inscrit dans une logique pragmatique, reposant sur des mécanismes commerciaux et contractuels plutôt que sur des considérations conjoncturelles, traduisant une approche structurée de la diplomatie énergétique algérienne, a indiqué la plateforme « Attaqa.net ». Dans le cas de l’Égypte, confrontée à un écart croissant entre production et consommation, l’offre algérienne apparaît comme un levier d’ajustement à court terme. Le pays aurait ainsi manifesté sa disposition à fournir des cargaisons de gaz naturel liquéfié afin de soutenir la stabilité du réseau énergétique égyptien, notamment à l’approche des pics de consommation estivaux. Cette coopération potentielle s’appuie sur des relations stratégiques déjà établies entre Alger et Le Caire, renforçant les perspectives d’un partenariat énergétique accru.
S’agissant de la Jordanie, des échanges ont également eu lieu, sans toutefois aboutir, à ce stade, à un accord concret. Des sources algériennes insistent néanmoins sur l’absence de toute logique discriminatoire, soulignant que les décisions en matière d’exportation reposent exclusivement sur des critères économiques, contractuels et techniques. Ce positionnement s’inscrit dans la continuité d’initiatives antérieures, remontant à plusieurs années, au cours desquelles l’Algérie avait déjà exprimé sa disponibilité à accompagner le royaume dans la diversification de ses sources d’approvisionnement.
Dotée de l’une des plus importantes réserves de gaz en Afrique, elle dispose d’infrastructures lui permettant d’exporter aussi bien via des gazoducs que par voie maritime grâce au gaz naturel liquéfié. Cette flexibilité logistique constitue un avantage stratégique dans un marché mondial marqué par une volatilité accrue. Cependant, cette capacité d’intervention reste encadrée par des contraintes réelles. L’essentiel des exportations algériennes est en effet lié à des contrats de long terme, notamment avec des partenaires européens dont la demande s’est intensifiée ces dernières années. En mars 2026, les exportations de gaz naturel liquéfié ont enregistré une hausse significative de 41 %, atteignant près de 938 000 tonnes, avec une prédominance des marchés européens, notamment la France, la Turquie, le Royaume-Uni et l’Espagne.
Dans ce contexte de forte sollicitation, Alger cherche également à optimiser la valorisation de ses ressources. Des négociations sont en cours pour revoir à la hausse les prix des volumes additionnels, avec des augmentations estimées entre 15 % et 20 %, profitant d’un environnement international favorable aux producteurs. Par ailleurs, malgré l’existence de capacités partiellement inexploitées dans les installations de liquéfaction, une augmentation substantielle de la production nécessiterait des investissements importants dans l’exploration et les infrastructures. La production nationale, estimée à plus de 100 milliards de mètres cubes par an, demeure fortement mobilisée pour répondre à la demande interne, ce qui limite les marges de manœuvre à l’export.
Par S. R.
