24/05/2026
AFRIQUE

L’Algérie déploie sa diplomatie énergétique en Afrique

L’Algérie accélère son offensive énergétique sur le continent africain en faisant du secteur de l’énergie un puissant levier diplomatique, économique et géostratégique. À travers une série d’accords, de projets d’infrastructures et de partenariats régionaux, Alger cherche désormais à consolider son influence en Afrique, aussi bien dans les domaines des hydrocarbures que de l’électricité et des services énergétiques.

Cette stratégie traduit la volonté des pouvoirs publics de dépasser le rôle traditionnel d’exportateur de pétrole et de gaz pour devenir un acteur régional capable de piloter des projets d’intégration énergétique à l’échelle du continent. Pour y parvenir, l’Algérie s’appuie sur les capacités de ses grands groupes énergétiques, notamment Sonatrach et Sonelgaz, tout en renforçant ses alliances arabes, particulièrement avec l’Égypte, a indiqué la plateforme spécialisée « Attaqa.net ».

Le rapprochement énergétique entre Alger et Le Caire connaît d’ailleurs une accélération notable. Les deux pays ont récemment signé un mémorandum d’entente portant sur l’achat de pétrole brut algérien par l’Égypte, ouvrant ainsi la voie à un partenariat énergétique plus structuré et durable. Cet accord vise à garantir des flux réguliers de brut vers les raffineries égyptiennes, tout en permettant aux deux pays de renforcer leur présence sur les marchés africains et méditerranéens.

L’Algérie entend également tirer profit des infrastructures énergétiques et de la position géographique stratégique de l’Égypte afin de développer les activités de réexportation de produits pétroliers vers l’Afrique et l’Est méditerranéen. Cette coopération ne se limite pas au commerce des hydrocarbures, puisqu’elle englobe aussi les domaines de l’exploration, de la production et du raffinage. Dans cette dynamique, Alger et Le Caire ont signé un contrat de développement du champ pétrolier de Hassi Bir Rekaiz, pour un investissement avoisinant un milliard de dollars.

Le projet prévoit notamment la réalisation d’une unité centrale de traitement de pétrole brut d’une capacité de 31 500 barils par jour, ainsi que des installations de traitement du gaz et des eaux associées. À travers ce projet, l’Algérie cherche également à attirer davantage d’expertises et d’investissements arabes dans ses projets stratégiques, avant de se projeter conjointement vers les marchés africains.  En parallèle, l’Algérie multiplie les initiatives bilatérales à travers le continent.

En Libye, elle a exporté au mois de mai une cargaison exceptionnelle de 132 000 barils d’essence afin d’aider le pays voisin à faire face à la pénurie de carburants. Il s’agit de la deuxième cargaison de ce type importée par la Libye depuis 2013, illustrant le renforcement des relations énergétiques entre les deux pays. À l’ouest du continent, Alger a conclu un accord de coopération avec la Côte d’Ivoire dans les secteurs de l’énergie et des mines. Le partenariat prévoit le développement de projets liés à l’exploration, à la production, au raffinage et à la valorisation des ressources minières et énergétiques. L’Algérie s’active également en Afrique australe. Un important projet de centrale électrique de 1 000 mégawatts est actuellement à l’étude au Mozambique avec l’appui de l’expertise algérienne.

Dans la région du Sahel, Alger renforce progressivement son empreinte énergétique. Au Niger, Sonelgaz réalise actuellement une centrale électrique à Niamey, tout en participant à des projets de modernisation des réseaux et de formation des cadres locaux. Quant à la Mauritanie, les discussions portent notamment sur la réactivation des stations de distribution de Naftal, l’approvisionnement en carburants ainsi que des projets de raccordement électrique et de lignes à haute tension.

Synthèse S R.

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