10/05/2026
ACTUALITEAGRICULTURE/PÊCHE

Campagne moisson-battage 2026: De gros moyens mobilisés par l’État

Le ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche a engagé un dispositif d’envergure pour garantir le succès de la campagne de moisson-battage 2026. À travers une mobilisation qualifiée d’inédite, les pouvoirs publics entendent franchir un nouveau cap dans la modernisation du secteur agricole et renforcer durablement la sécurité alimentaire nationale.

Cette dynamique s’inscrit dans le prolongement des orientations stratégiques fixées au plus haut niveau de l’État, visant à accroître la production nationale et à réduire la dépendance aux importations.

Dès le lancement de la campagne, l’accent a été mis sur une couverture intégrale du territoire national, avec une priorité accordée aux régions du Sud. Ces zones, longtemps sous-exploitées, sont désormais au cœur de la stratégie agricole nationale en raison de leur potentiel considérable en matière de production céréalière. La mobilisation précoce des moyens dans ces régions vise à optimiser les rendements et à assurer une meilleure gestion des récoltes dans des conditions climatiques souvent exigeantes.

Parmi les mesures phares annoncées figure la création d’« Agrodrive », une initiative structurante destinée à renforcer la mécanisation agricole. Cette entité joue un rôle central dans la modernisation des pratiques agricoles, en facilitant l’accès à des équipements performants et en améliorant l’efficacité des opérations de récolte. Elle s’inscrit dans une logique de professionnalisation accrue du secteur, où la technologie et l’organisation deviennent des leviers essentiels de compétitivité.

Dans cette même optique, plus de 1 100 machines de récolte ont été déployées à travers le pays, dont 330 directement exploitées par Agrodrive, a indiqué le ministre Yacine Oualid dans un post sur son compte facebook. Ce parc matériel conséquent représente un saut qualitatif important, permettant d’accélérer les opérations de moisson et de réduire significativement les pertes liées aux retards ou aux insuffisances logistiques. L’introduction de ces équipements modernes contribue également à alléger la pénibilité du travail agricole et à améliorer les conditions d’intervention sur le terrain.

La question du transport des récoltes a également fait l’objet d’une attention particulière. Plus de 1 200 camions ont ainsi été mobilisés, selon le ministre, pour assurer l’acheminement du blé depuis les zones de production vers les centres de stockage. Cette organisation logistique vise à éviter les engorgements et à garantir une fluidité optimale tout au long de la chaîne de collecte. En réduisant les délais de transport, les autorités espèrent préserver la qualité des récoltes et limiter les pertes post-récolte, souvent coûteuses pour l’économie nationale.

Parallèlement aux moyens matériels, un effort important a été consenti en matière de formation. Plus de 900 conducteurs de moissonneuses-batteuses ont été formés en partenariat avec le secteur de la formation professionnelle. Cette initiative traduit une volonté claire de valoriser les compétences humaines et d’accompagner la montée en puissance des équipements par une qualification adéquate des opérateurs. La maîtrise des technologies agricoles modernes constitue en effet un facteur déterminant pour améliorer les rendements et garantir une utilisation optimale des machines.

L’infrastructure de stockage a également été renforcée avec la mise à disposition de 307 centres locaux de stockage des céréales. Cette mesure répond à un besoin crucial de proximité, permettant aux agriculteurs de déposer rapidement leurs récoltes dans des conditions appropriées. Elle contribue à une meilleure organisation du circuit de collecte et à une sécurisation accrue des stocks, en réduisant les risques de détérioration ou de gaspillage. L’ensemble de ces actions s’inscrit dans une approche intégrée, où chaque maillon de la chaîne agricole, de la récolte au stockage, est pris en compte. L’objectif est clair : accroître la productivité, améliorer l’efficacité des opérations et réduire les pertes à tous les niveaux. Cette stratégie globale témoigne d’une volonté de transformation profonde du secteur agricole, en phase avec les exigences de souveraineté alimentaire.

Par Réda Hadi

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