18/05/2026
ACTUALITENATIONAL

Accidents de la route: Plus de 2.600 morts en huit mois !

La Délégation nationale à la sécurité routière (DNSR) tire la sonnette d’alarme : 2 618 personnes ont perdu la vie et près de 26 000 autres ont été blessées sur les routes algériennes durant les huit premiers mois de l’année. Une légère hausse par rapport à la même période de l’an dernier, mais qui confirme la persistance d’un fléau lourd de conséquences humaines et économiques.

Selon Lahcen Boubka, directeur d’études à la DNSR, 18 395 accidents corporels ont été enregistrés entre janvier et août, soit une hausse d’environ 1 %. « Chaque blessure, chaque décès est une perte humaine importante. Ce ne sont pas que des chiffres : derrière, il y a des familles et des vies brisées », a-t-il souligné sur les ondes de la radio nationale. Le facteur humain reste la principale cause de ces drames, entre excès de vitesse, dépassements dangereux, non-respect du code de la route et conduite sous l’effet de substances prohibées. « On ne respecte pas assez la signalisation ni les règles élémentaires », a déploré Boubka, avant de rappeler que « la prudence doit être une culture, pas une option ».

La vétusté du parc automobile et l’état de certaines routes aggravent encore la situation. « Depuis plusieurs années, l’importation de véhicules neufs est restreinte, les pièces détachées se font rares, et beaucoup roulent dans des conditions dangereuses », a expliqué le responsable. Les jeunes conducteurs, souvent insuffisamment formés, figurent parmi les plus touchés. Pour y remédier, la DNSR a révisé le programme d’enseignement de la conduite, en y intégrant des notions de premiers secours, de mécanique et de conduite économique. Les infrastructures routières demeurent, elles aussi, un point de préoccupation. Plusieurs centaines de tronçons dangereux ont été recensés, certains déjà corrigés, d’autres encore en attente d’aménagement. Lahcen Boubka a appelé à une meilleure coordination entre les autorités locales, la gendarmerie et les services techniques afin de sécuriser ces zones à risque.

Sur le plan réglementaire, la révision du code de la route vise à renforcer la responsabilité des conducteurs et des auto-écoles. « Nous ne pouvons pas continuer à ajuster des pansements sur ce fléau. Il faut une action globale, des textes clairs, un suivi rigoureux et des sanctions effectives », a insisté Boubka, citant l’exemple d’un autobus accidenté à Harrach malgré un refus au contrôle technique. Parallèlement, la DNSR intensifie ses campagnes de sensibilisation, notamment auprès des jeunes. « Lorsqu’on leur fait vivre virtuellement un accident à travers des simulations, cela les marque profondément. Mais il faut que cela s’accompagne d’actions concrètes : des routes sûres, des lois respectées et des contrôles réguliers », a-t-il affirmé.

Conscient de la gravité de la situation, le président de la République a ordonné une révision globale des textes régissant la circulation et la délivrance du permis de conduire, avec pour objectif de réduire de moitié la mortalité routière d’ici 2030. « C’est un défi, mais pas une utopie », a conclu Lahcen Boubka. « Avec l’engagement de tous, il est possible d’inverser la tendance ».

Par M. A.

Publicité

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *