28/07/2026
ACTUALITENATIONAL

Accord d’association avec l’UE: Tebboune plaide pour une révision en profondeur

Alger monte au créneau et appelle encore une fois à la révision de l’Accord d’association avec l’UE. Pour le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, sa révision est plus que nécessaire afin de l’adapter aux profondes mutations qu’a connues l’économie nationale, d’autant que cet Accord a été signé en 2005 dans un contexte totalement différent.

L’Algérie sortait alors de la décennie noire, son économie était affaiblie et elle importait presque tout, a rappelé le président Tebboune, lors de son entrevue périodique avec les représentants des médias nationaux, diffusée lundi soir. Il a expliqué que cet accord répondait à une logique de sortie de l’isolement. Aujourd’hui, la situation a profondément changé, a indiqué le chef de l’État, en soulignant que « nous disposons d’une production nationale solide qui remplace progressivement les importations dans de nombreux secteurs. Nos produits sont désormais exportés et répondent aux meilleurs standards de qualité ». Pour illustrer ses propos, le président de la République a cité de nombreux exemples, à l’instar de celui du ciment. « En 2016, nous importions près de trois millions de tonnes, car notre consommation dépassait notre capacité de production. Aujourd’hui, nous produisons près de 40 millions de tonnes par an alors que notre consommation est d’environ 24 millions de tonnes. Le surplus est exporté. Il en est de même pour l’acier algérien, qui est aujourd’hui très demandé sur les marchés internationaux », a-t-il énuméré. Donc, la révision de l’accord d’association avec l’Union européenne est devenue nécessaire. En clair, le partenariat avec Bruxelles doit désormais tenir compte de la montée en puissance de la production nationale et des capacités d’exportation développées par l’Algérie au cours des dernières années.

Pour Abdelmadjid Tebboune, ces performances démontrent que la logique qui prévalait lors de la signature de l’accord en 2005 n’est plus d’actualité. Il a également critiqué le système de quotas appliqué par certains partenaires européens, estimant qu’il est incompatible avec les principes du libre-échange. « La politique des quotas ne correspond pas à l’esprit du libre-échange. Notre souhait est simple : développer des relations équilibrées, fondées sur des échanges mutuellement bénéfiques et sur la qualité des produits. Nous constatons d’ailleurs une réelle compréhension de cette préoccupation auprès de plusieurs partenaires européens, notamment l’Italie, avec laquelle nous n’avons aucune difficulté », a-t-il affirmé.

En effet, et afin de faire avancer les choses sur ce dossier, l’Algérie compte sur l’appui de ses partenaires européens, notamment l’Italie, l’Espagne et l’Allemagne. Le président de la République s’est montré confiant quant aux perspectives d’ouverture des discussions avec Bruxelles. Selon lui, les excellentes relations entretenues par l’Algérie avec la majorité des pays européens constituent un atout pour engager la révision de l’Accord d’association.

À ce titre, il a révélé avoir évoqué cette question lors de ses entretiens avec plusieurs dirigeants européens, notamment allemands et espagnols, en insistant sur la nécessité d’ouvrir davantage le marché européen aux produits algériens.

Le chef de l’État a souligné que plusieurs partenaires européens comprennent désormais cette démarche, citant notamment l’Italie, avec laquelle l’Algérie entretient une coopération économique sans difficulté majeure. L’Allemagne apparaît, dans cette stratégie, comme un partenaire de premier plan. Abdelmadjid Tebboune a rappelé la profondeur historique des relations entre les deux pays, qualifiant Berlin de « partenaire particulier » de l’Algérie. Il a mis en avant la qualité des investissements allemands et l’évolution de la coopération bilatérale vers un véritable partenariat stratégique. Cette coopération dépasse désormais le cadre des échanges commerciaux pour englober le transfert de technologies, l’industrie mécanique, la pharmacie, les énergies renouvelables et l’hydrogène vert.

Le président a notamment souligné que l’Allemagne accompagne l’Algérie dans le développement d’une véritable base industrielle, avec des transferts de savoir-faire dans la fabrication de moteurs, de boîtes de vitesses, de composants automobiles et de produits à forte valeur technologique. « Nous voulons rompre avec l’ancien modèle fondé sur une simple relation commerciale où le Nord produit et le Sud achète. Aujourd’hui, nous produisons en Algérie grâce au transfert technologique », a-t-il expliqué.

Cette montée en gamme de l’industrie nationale, portée par les compétences des jeunes ingénieurs et chercheurs algériens, devrait, selon lui, renforcer davantage la compétitivité des produits algériens sur les marchés européens et africains.

La relance du partenariat avec Madrid

Le président Tebboune a également mis en avant le retour à la normale des relations avec l’Espagne, considérant que les incompréhensions des dernières années appartiennent désormais au passé. « Chacune des deux parties a fait un pas vers l’autre », a-t-il affirmé, annonçant la signature, dès le mois d’octobre prochain, de nouveaux accords bilatéraux portant sur le gaz ainsi que sur plusieurs autres secteurs économiques.

Cette normalisation ouvre la voie à un renforcement des échanges commerciaux et énergétiques entre les deux pays, mais également à une coordination plus étroite sur les dossiers économiques entre Alger et Madrid.

Outre la révision de l’Accord d’association, le président de la République défend une nouvelle approche des relations économiques entre l’Algérie et l’Union européenne. Selon lui, l’Algérie n’est plus un simple marché d’importation, mais un partenaire industriel capable d’offrir des produits répondant aux standards européens, qu’il s’agisse des matériaux de construction, des produits sidérurgiques ou encore des productions agricoles et agroalimentaires.

Cette évolution, fruit de la stratégie de diversification engagée depuis plusieurs années, plaide, selon le chef de l’État, pour un partenariat plus équilibré, fondé sur la complémentarité économique, le transfert de technologies, la réciprocité commerciale et un meilleur accès des produits algériens au marché européen. Pour Abdelmadjid Tebboune, les nouvelles relations stratégiques nouées avec l’Allemagne, la relance de la coopération avec l’Espagne et les excellents rapports entretenus avec plusieurs autres partenaires européens constituent autant d’atouts pour convaincre l’Union européenne d’engager une révision de l’Accord d’association, afin de l’adapter aux nouvelles ambitions économiques de l’Algérie.

Par Zahir R.

Publicité

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *