Le partenariat entre l’Algérie et les États-Unis semble appelé à connaître un nouvel approfondissement, notamment dans les domaines sécuritaire et économique. Lors d’un entretien téléphonique tenu avant-hier avec le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, le conseiller principal du président américain Donald Trump pour l’Afrique et le Moyen-Orient, Massad Boulos, a réaffirmé la volonté de Washington de renforcer la coopération avec Alger et d’élargir les opportunités offertes aux entreprises américaines.
Par Zahir R.
Dans une publication sur le réseau social X, le responsable américain a qualifié son échange avec le président Tebboune d’«entretien fructueux », consacré au « partenariat entre les États-Unis et l’Algérie ». Il a notamment souligné le soutien des États-Unis à « une coopération plus étroite en matière de sécurité » ainsi qu’à « l’élargissement des opportunités économiques pour les entreprises américaines en Algérie ».
Dans une déclaration à la presse en avril 2026, en marge d’une rencontre avec l’ambassadeur de l’Algérie à Washington, Boulos avait déclaré que 120 entreprises américaines opèrent actuellement en Algérie dans divers domaines, notamment l’énergie et l’agriculture. D’ailleurs, dans le cadre du projet algéro-qatari « Baladna » pour la production de la poudre de lait, les Américains ont décroché un marché important de 30 000 vaches laitières de race Holstein, dont les premiers lots arriveront en novembre prochain. Une moyenne de 300 vaches seront expédiées vers l’Algérie par mois et via des vols cargo. Selon Reuters, la valeur totale du programme d’approvisionnement et de logistique est estimée entre 250 et 300 millions de dollars.
Par ailleurs, une étude consacrée aux investissements directs étrangers (IDE) en Algérie durant la période 2020-2025 relève que les entreprises américaines s’intéressent également à plusieurs secteurs porteurs, notamment l’industrie pharmaceutique, l’agriculture et les télécommunications. L’étude souligne, plus largement, l’attractivité de l’industrie extractive, du secteur manufacturier, de la construction et des travaux publics pour les investisseurs internationaux, parmi lesquels figurent les États-Unis. Cette évolution s’inscrit dans la stratégie de diversification de l’économie algérienne, qui vise à attirer davantage d’investissements étrangers dans des secteurs autres que les hydrocarbures. Les énergies renouvelables, l’agriculture, la construction, le tourisme et l’industrie pharmaceutique figurent ainsi parmi les domaines identifiés comme présentant des potentialités importantes.
L’Algérie cherche, dans ce cadre, à améliorer son climat des affaires et à renforcer son attractivité auprès des investisseurs internationaux. La dynamique enregistrée ces dernières années en matière d’IDE témoigne de cette évolution. L’étude relève notamment une progression des flux d’investissements directs étrangers entrants, avec une hausse de plus de 80 % en 2023, puis de plus de 18 % en 2024. Pour les États-Unis, cette évolution pourrait ouvrir de nouvelles perspectives de coopération, particulièrement dans les secteurs à forte valeur ajoutée. L’intérêt manifesté pour la pharmacie, l’agriculture et les télécommunications vient ainsi compléter une relation énergétique déjà importante et pourrait contribuer à donner une dimension plus diversifiée au partenariat économique bilatéral.
Selon Massad Boulos, le développement de la coopération dans ce domaine « ouvre la voie à une prospérité partagée », confirmant ainsi le rôle central de l’énergie dans les relations économiques entre les deux pays. Les pourparlers avec les deux majors américaines des hydrocarbures, Chevron et Exxon Mobil, devraient bientôt se concrétiser en mégaprojet dans le domaine énergétique dans les bassins d’Ahnet, Gouara, Berkine, mais aussi dans le domaine de l’offshore.
Sur le plan politique et sécuritaire, l’entretien entre Abdelmadjid Tebboune et le conseiller principal du président américain Donald Trump pour l’Afrique et le Moyen-Orient traduit également une volonté de maintenir un dialogue étroit entre Alger et Washington. La coopération sécuritaire constitue, avec l’énergie et les échanges économiques, l’un des principaux axes évoqués lors de cet échange.
À cette occasion, Massad Boulos a également exprimé ses condoléances aux communautés touchées par les récents incendies de forêt en Algérie, témoignant de l’attention portée par Washington à la situation du pays. Ainsi, le message adressé par le responsable américain traduit une volonté de consolider le partenariat algéro-américain sur plusieurs fronts. Si les hydrocarbures demeurent un pilier essentiel des relations économiques, l’élargissement de l’intérêt américain à d’autres secteurs pourrait constituer un levier supplémentaire pour renforcer les investissements et accompagner les ambitions algériennes de diversification économique.



