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Le partenariat stratégique entre l’Algérie et la Chine connaît une nouvelle dynamique, portée par une intensification des échanges commerciaux, la multiplication des projets structurants et une présence accrue des entreprises chinoises dans plusieurs secteurs de l’économie nationale. Une évolution mise en avant par l’ambassadeur de Chine en Algérie, Son Excellence M. Dong Guangli, dans son allocution prononcée, dimanche soir, à l’occasion du 77e anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine.

Il a relevé la succession de « bonnes nouvelles » ayant marqué, depuis le début de l’année, les relations entre Alger et Pékin, soulignant notamment la volonté des deux pays de renforcer leur coopération dans des domaines à forte valeur stratégique. Sur le plan commercial, les résultats enregistrés au premier semestre 2026 témoignent de cette accélération.

Le volume des échanges bilatéraux a atteint 9 milliards de dollars, en progression de 28 % sur un an, indique le diplomate chinois, notant dans le même temps, les exportations algériennes vers la Chine se sont élevées à 980 millions de dollars, affichant une hausse spectaculaire de 111 %. Cette progression est en effet le fruit de la politique chinoise de zéro droit de douane en faveur de plusieurs pays africains, dont les effets commencent à se faire sentir sur les exportations algériennes. Selon l’ambassadeur, cette mesure permet à un nombre croissant de produits algériens d’accéder au vaste marché chinois et offre ainsi de nouvelles perspectives aux exportateurs nationaux.

Des projets structurants

Outre les échanges commerciaux, la coopération sino-algérienne s’appuie sur une série de projets d’envergure destinés à renforcer les capacités productives et les infrastructures du pays. Parmi les réalisations citées par Dong Guangli figure la ligne ferroviaire minière de l’Ouest, présentée comme un projet majeur pour l’Algérie et désormais réalisée et mise en service.

M. Dong Guangli a également évoqué l’inauguration du Centre national des prestations numériques, ainsi que l’avancement d’autres mégaprojets, notamment le projet intégré de phosphate dans l’Est du pays. Ces investissements illustrent l’élargissement progressif de la coopération à des secteurs considérés comme prioritaires pour la diversification de l’économie algérienne.

La présence des entreprises chinoises en Algérie s’est ainsi renforcée dans les infrastructures, les transports, les industries minières et extractives, mais également dans le numérique. Cette implantation constitue, selon l’ambassadeur, l’un des principaux résultats de la coopération pragmatique engagée entre les deux pays.

Pour Alger, l’enjeu consiste désormais à tirer davantage profit de cette coopération pour renforcer les capacités industrielles nationales, développer la production locale et accroître les exportations hors hydrocarbures. Pour Pékin, le marché algérien représente parallèlement un point d’appui important dans une région située au carrefour de l’Afrique et de la Méditerranée.

La Chine mise sur l’ouverture

Dans son discours, l’ambassadeur a également insisté sur la politique d’ouverture économique poursuivie par la Chine dans un contexte international marqué par la montée du protectionnisme et des incertitudes commerciales. Selon lui, l’économie chinoise a enregistré une croissance de 4,7 % au premier semestre 2026, tandis que les nouveaux moteurs de croissance, notamment la fabrication haut de gamme, l’économie numérique et intelligente et les services modernes, ont contribué à plus de 40 % de la croissance.

Pékin entend parallèlement renforcer ses importations. Celles-ci ont progressé de 22 % au premier semestre, à un rythme supérieur à celui des exportations chinoises, selon les chiffres avancés par le diplomate. Cette orientation constitue une opportunité supplémentaire pour l’Algérie, qui cherche à élargir ses débouchés extérieurs et à augmenter la part des produits non énergétiques dans ses exportations. La forte progression des ventes algériennes vers la Chine au premier semestre traduit déjà l’existence d’un potentiel de développement important.

Par ailleurs, le partenariat entre les deux pays ne se limite toutefois pas aux domaines commercial et industriel. L’année 2026 a également été marquée par le lancement réussi des satellites Alsat-3A et Alsat-3B, qui a donné lieu à un échange de messages entre les présidents Xi Jinping et Abdelmadjid Tebboune. La coopération s’étend également aux échanges humains. Le nombre de citoyens algériens se rendant en Chine a doublé durant les six premiers mois de l’année par rapport à la même période de 2025. L’ouverture prochaine d’une liaison aérienne directe Alger-Shanghai devrait, à son tour, ajoute-t-il, faciliter les déplacements des opérateurs économiques, des étudiants et des touristes et contribuer à densifier les échanges entre les deux sociétés.

Le développement de l’enseignement du chinois en Algérie, à travers notamment l’Institut Confucius, participe également à ce rapprochement. L’intérêt croissant pour les cours de chinois témoigne de l’évolution des relations entre les deux pays et de l’importance grandissante de la Chine dans les échanges économiques et humains de l’Algérie.

La multiplication des projets et l’accélération des échanges témoignent ainsi d’un partenariat sino-algérien appelé à prendre davantage d’ampleur. L’objectif affiché est désormais de renforcer l’alignement entre les stratégies de développement des deux pays et de transformer les opportunités offertes par leurs économies respectives en retombées concrètes pour les populations.

Avec une coopération qui s’étend des infrastructures aux mines, du numérique aux transports, en passant par le commerce, l’industrie et les échanges humains, Alger et Pékin disposent désormais d’une base de partenariat de plus en plus large.

Par Zahir R.

L’auteur

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