ALNAFT lance le « Nomination Process »
L’Algérie, qui veut renforcer sa place de fournisseur fiable dans la région, a mis en place une nouvelle stratégie visant à l’augmentation de la production en gaz et pétrole. En effet, l’Agence Nationale pour la Valorisation des Ressources en Hydrocarbures (ALNAFT) innove et lance un nouveau processus préliminaire, le « Nomination Process », visant à capter plus d’investisseurs.

Il s’agit d’un processus participatif, explique le président de l’ALNAFT, Samir Bekhti, en marge d’une session de formation aux journalistes, consistant à mettre à la disposition des compagnies intéressées par l’investissement en Algérie la possibilité de sélectionner une liste de périmètres potentiels éligibles.
« Par cette démarche, ALNAFT ouvre un espace collaboratif avec les investisseurs, qui leur permet d’exprimer de manière structurée et transparente leurs attentes en sélectionnant les périmètres qui répondent aux critères qu’ils auront fixés, parmi une liste de 24 périmètres présélectionnés par ALNAFT », indique l’Agence dans un communiqué.
Le « Nomination Process » permet ainsi d’anticiper et de mieux préparer le prochain appel à la concurrence, que l’Agence prévoit de lancer au premier semestre de l’année 2026, tout en garantissant plus d’attractivité pour le domaine minier des hydrocarbures. Cette initiative constitue également un signal fort adressé aux investisseurs, traduisant l’engagement de l’Algérie à avancer avec méthode, clarté et visibilité, dans un cadre juridique stabilisé par la loi sur les hydrocarbures. ALNAFT y affirme pleinement son rôle d’agence moderne et proactive, au service de la valorisation durable des ressources nationales. Les modalités pratiques de ce processus sont disponibles sur le site officiel de l’Agence : ( http://www.alnaft.dz ), et les équipes d’ALNAFT demeurent mobilisées pour accompagner les opérateurs tout au long de cette démarche.

Par ailleurs, le président d’ALNAFT, Samir Bekhti, a apporté des éclaircissements détaillés sur les mécanismes encadrant l’accès aux contrats d’investissement dans le domaine minier des hydrocarbures en Algérie, mettant en avant une approche fondée sur la transparence, la compétitivité et la valorisation optimale des ressources nationales. Il a expliqué que deux voies principales permettent de conclure des contrats d’investissement. La première repose sur les appels à la concurrence, un mécanisme déjà éprouvé, qui a permis l’attribution de plusieurs contrats sur des périmètres inventoriés.
La seconde concerne les discussions directes, réservées à des thématiques spécifiques, notamment les nouveaux projets ou ceux présentant des caractéristiques particulières. Ces discussions directes, a-t-il souligné, ne portent pas sur des gisements déjà exploités et obéissent à des règles strictes. Dans ce cadre, ALNAFT a privilégié la conclusion de conventions ou de protocoles d’accord portant sur des études approfondies avec les compagnies pétrolières et les investisseurs potentiels. Ces accords permettent à ces derniers d’accéder aux données relatives à une zone précise, définie conjointement avec l’Agence, afin d’évaluer en détail le potentiel, la géologie et les risques associés, le tout dans un cadre rigoureux de confidentialité.
À l’issue de cette phase d’étude, l’investisseur est autorisé à soumettre un programme d’investissement à l’Agence. Ce processus, selon Samir Bekhti, incite les compagnies pétrolières à s’engager davantage et leur offre une meilleure visibilité sur le domaine minier algérien. Les programmes proposés sont ensuite examinés par la partie algérienne, en concertation avec ses partenaires, afin d’évaluer leur caractère valorisant pour le projet et pour le domaine minier.
Lorsque les propositions ne répondent pas aux objectifs fixés, des ajustements sont demandés, faute de quoi le processus peut être interrompu. Le président d’ALNAFT a rappelé que cette approche n’est pas nouvelle et s’inscrit dans une continuité. Par le passé, plusieurs conventions d’études ont permis de créer une véritable compétition entre investisseurs sur une même zone ou une même région, conduisant à la sélection des programmes les plus performants et les plus créateurs de valeur à l’issue de décisions conjointes.
S’agissant des conventions actuellement en cours, Samir Bekhti a cité notamment une convention d’études offshore, ainsi que plusieurs autres conclues avec de grands groupes internationaux sur différents périmètres. D’autres accords similaires sont appelés à être conclus au fur et à mesure de l’intérêt manifesté par les investisseurs. Ces conventions offrent aux opérateurs la possibilité de disposer de l’ensemble des données nécessaires pour proposer, en toute liberté, un programme d’investissement adapté.
Lorsque les discussions techniques et commerciales aboutissent à un alignement entre les parties, notamment sur les aspects économiques du projet, le processus peut se concrétiser par la signature de contrats, à l’image de ceux conclus ces dernières années sur différents périmètres du domaine minier. Abordant les perspectives du secteur, le président d’ALNAFT a mis en avant l’ampleur du potentiel national en hydrocarbures, estimé à plus de 700 milliards de mètres cubes équivalent gaz techniquement récupérables. Un potentiel qualifié de considérable, fruit de plus d’une décennie d’études menées par l’Agence et les acteurs du secteur.
Selon lui, le défi actuel ne réside plus dans l’identification des ressources, mais dans les modalités de leur exploitation. Il s’agit désormais de trouver les moyens de déverrouiller ces réserves dans le respect des exigences de transparence, de durabilité, de protection de l’environnement et de viabilité économique, dans une industrie aux projets complexes et fortement capitalistiques. Samir Bekhti a également insisté sur l’importance d’opérer en toute transparence et de maintenir l’opinion publique informée. Les études menées concernent tous les aspects nécessaires à l’exploitation future, incluant les conditions environnementales, communautaires et économiques.
« Aucune activité concrète n’a encore été décidée concernant l’exploitation du potentiel non conventionnel, mais des préparatifs sont en cours afin de pouvoir agir lorsque l’opportunité se présentera », affirme-t-il, assurant que l’opinion publique sera pleinement informée des démarches entreprises, conformément à la politique de transparence adoptée par l’Agence et le secteur.
À travers cette approche méthodique et progressive, ALNAFT réaffirme son rôle central dans la gouvernance du domaine minier des hydrocarbures et sa volonté de concilier attractivité de l’investissement, valorisation des ressources nationales et respect des impératifs environnementaux et économiques.
Zahir R
