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Dans son dernier rapport d’octobre 2026 consacré à la région MENAAP, la Banque mondiale met en évidence la résilience de l’économie algérienne dans un environnement régional marqué par de fortes incertitudes. Soutenue par ses recettes énergétiques et relativement préservée des perturbations géopolitiques directes, l’Algérie maintient une dynamique de croissance favorable. Le rapport met également en lumière un nouveau chantier stratégique pour le pays : accélérer la transformation numérique et renforcer les compétences liées à l’intelligence artificielle.

Portée notamment par la dynamique des hydrocarbures, l’économie algérienne confirme sa trajectoire de croissance. Selon la Banque mondiale, le PIB réel devrait progresser de 3,8 % en 2025, avant de s’établir à 3,7 % en 2026 et 3,4 % en 2027. Ramenée à l’habitant, la croissance devrait atteindre 2,4 % en 2026, tandis que le PIB réel par habitant devrait rester supérieur à son niveau de 2019. À la différence de plusieurs économies de la région directement exposées aux perturbations régionales, l’Algérie demeure relativement préservée des chocs logistiques directs. Le maintien de prix élevés sur les marchés pétroliers et gaziers apporte ainsi un soutien aux recettes publiques et aux exportations.

La Banque mondiale anticipe toutefois un ralentissement progressif de la demande intérieure et des investissements, dans un contexte où la politique budgétaire devrait devenir moins expansionniste. Le déficit budgétaire devrait atteindre 11,1 % du PIB en 2026, puis 12,5 % en 2027. Le solde courant resterait également sous pression, avec un déficit prévisionnel de 2,9 % du PIB en 2026. Par ailleurs, la dépendance aux importations de céréales, estimée à près de 70 %, souligne l’importance de poursuivre les efforts engagés en matière de production agricole et de sécurité alimentaire. Le rapport relève également le poids important des subventions explicites aux combustibles fossiles, estimées à près de 10 % du PIB en 2024.

Le rapport consacre également une place importante à la transformation technologique. Intitulé « From Divide to Opportunity: AI, Jobs, and Growth », il souligne le rôle croissant de l’intelligence artificielle dans la productivité, l’emploi et la croissance. L’Algérie a déjà formellement adopté une stratégie nationale dédiée à l’IA, ce qui constitue une base importante pour accompagner cette mutation. Le pays dispose aussi d’un niveau de maturité GovTech estimé entre 0,65 et 0,70, proche de la moyenne de son groupe de revenus. Des marges de progression subsistent toutefois dans le développement du capital humain, l’innovation et l’écosystème technologique.

Le potentiel apparaît notamment dans le développement des compétences et des entreprises spécialisées. La Banque mondiale recense 46 entreprises actives dans l’IA en Algérie en juillet 2026. La part des talents en ingénierie de l’IA parmi les membres algériens de LinkedIn est passée d’environ 0,12 % en 2016 à près de 0,17 % en 2025. En parallèle, les diplômés des filières TIC représentaient 5 % des diplômés de l’enseignement supérieur en 2024, auxquels s’ajoutaient 26 % issus des disciplines scientifiques et technologiques hors TIC.

Synthèse S. R.

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