17/06/2024
INTERNATIONAL

Canada: Roi du télétravail dans le monde

Est ce que votre employeur vous permet de faire du télétravail à temps plein ou a repris le chemin du monde d’avant la pandémie et vous impose une présence tous les jours au bureau ? La réponse varie vraiment selon les pays, et c’est le Canada qui est le roi du télétravail dans le monde. Là-bas, c’est en train de devenir un acquis social, défendu bec et ongles par les fonctionnaires.

Sur 10 000 Québécois interrogés par le Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations, 96% estiment être autant, sinon plus productifs en travaillant depuis chez eux.

Au Canada, les employés passent 1,7 jour par semaine à travailler chez eux, d’après le Global Survey Working Arrangements qui a évalué 42 000 employés dans le monde, en se basant sur des données de l’année dernière. La France est bien loin avec 0,6 jour par semaine. C’est le pays qui télétravaille le moins en Europe et c’est le monde anglo-saxon qui domine dans le classement d’ailleurs avec le Canada tout en haut.

Ce qui explique que la greffe ait si bien pris chez les Canadiens, c’est que d’une part, ils en raffolent. Par exemple, sur 10 000 Québécois interrogés par le Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations, 96% estiment être autant, sinon plus productifs en travaillant de chez eux. Ils ne voient donc pas de perte d’efficacité. Plusieurs études ont montré que la conciliation travail-famille était en hausse pendant la pandémie, notamment en raison du télétravail, et c’est une notion importante au Canada.

Mais il y a d’autres raisons : la hausse du coût de l’immobilier qui a poussé des entreprises à vendre leurs bureaux, ou à réduire leur taille, pour diminuer les coûts fixes. Moins de bureaux, ce sont donc des employés qui coûtent moins cher en travaillant de la maison. D’ailleurs, en dix ans, le gouvernement fédéral, grâce au télétravail, dit pouvoir se départir de la moitié de ses espaces de bureaux.

Défendre le droit au télétravail

Et puis les syndicats et les employés se sont emparés de la question du télétravail pour que ça ne soit pas qu’une parenthèse pendant la pandémie, pour en faire un acquis social. Par exemple, à Loto Québec – la société d’État qui gère les loteries au Québec – les employés ont une convention collective qui autorise le télétravail presque à temps plein. Ils sont autorisés à ne venir au bureau que quatre jours par mois. Ils avaient d’ailleurs fait grève notamment pour ça. Il y a donc un fort attachement au télétravail qui s’ancre dans les contrats entre les travailleurs et leurs employeurs.

Les employés n’hésitent donc pas à manifester pour défendre leur droit au télétravail. Les fonctionnaires ont manifesté au début du mois de mai et ils ont promis au gouvernement fédéral un été d’enfer si Ottawa n’abandonne pas son plan de forcer ses employés à venir au moins trois jours par semaine au bureau à partir de septembre prochain. Le plus gros syndicat des fonctionnaires du pays, l’Alliance de la fonction publique du Canada, a déposé des griefs, et incite les fonctionnaires à en faire de même. Il se plaint de ne pas avoir été consulté par Ottawa avant ce changement.

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