Collecte, traitement et sécurisation des données personnelles : Un enjeu économique et stratégique majeur
L’Algérie renforce son dispositif de protection des données personnelles à l’heure où le pays accélère sa transformation numérique. C’est le message central qui a émergé lors du jour d’étude organisé par l’Autorité nationale de protection des données personnelles (ANPDP), présidée par Samir Bourhil, en présence du président du Conseil de la Nation, du président de l’Assemblée populaire nationale et de plusieurs ministres.

Au cours de cette rencontre, qualifiée par M. Bourhil de « moment crucial pour concilier droits fondamentaux et technologies numériques », l’accent a été mis sur les défis liés à la collecte, au traitement et à la sécurisation des données personnelles, devenues une véritable richesse stratégique pour l’économie digitale. « La protection des données personnelles ne relève plus d’un simple choix technique ou administratif. Elle est devenue un impératif économique et éthique, indispensable pour bâtir un environnement numérique de confiance et soutenir la compétitivité de nos entreprises », a déclaré Samir Bourhil devant un auditoire composé de chercheurs, d’experts et de décideurs.
La rencontre a également permis de revenir sur l’évolution du cadre légal en Algérie. La loi n°18-07 du 10 juin 2018, modifiée par la loi n°25-11, établit désormais des règles strictes pour encadrer la collecte, le stockage, le traitement et le transfert des données personnelles. Elle impose notamment la nécessité d’obtenir le consentement explicite des personnes concernées, la précision du but de traitement des données et le respect du principe de proportionnalité entre les informations collectées et l’objectif poursuivi. Pour garantir l’application de ces principes, le texte a instauré une autorité nationale indépendante dotée de larges compétences en matière de contrôle, de délivrance de licences, d’inspections, d’enquêtes et de réception des plaintes.
Cette institution est également chargée de sensibiliser le public et de renforcer la culture de protection des données, considérée comme un élément clé de la confiance numérique. Selon Samir Bourhil, « La confiance des citoyens dans le traitement de leurs données est le socle de toute politique de transformation numérique. Si les individus perçoivent que leurs informations sont utilisées de manière responsable, cela favorise l’innovation, la croissance et l’investissement dans le secteur numérique ».
Le président de l’ANPDP a insisté sur le rôle central des données personnelles dans l’économie digitale. Elles constituent aujourd’hui un actif stratégique pour les entreprises et les institutions, utilisées pour optimiser les services commerciaux, financiers, sanitaires et administratifs. Cependant, elles exposent également les citoyens à des risques sans précédent si elles sont mal protégées. « Les données personnelles sont devenues la monnaie de l’économie numérique », a ajouté Bourhil, « et leur protection est indissociable de la souveraineté nationale et de la sécurité économique.
Une fuite ou un usage non autorisé peut avoir des conséquences lourdes pour l’État, les entreprises et les citoyens ». Cette journée d’étude a également été conçue comme un espace de dialogue et de réflexion pour trouver un équilibre entre innovation numérique et respect des droits fondamentaux. Elle marque une étape dans la mise en œuvre de la stratégie nationale pour la transformation digitale, appelée à renforcer la protection des citoyens tout en stimulant le développement de l’économie numérique. « Notre objectif est de transformer ces obligations légales en opportunités de croissance », a conclu Samir Bourhil.
« En sensibilisant les acteurs économiques et en formant nos ressources humaines, nous faisons de la protection des données personnelles un levier pour la compétitivité et la modernisation de notre économie ».
Par M. A.
