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Forte de son expérience dans l’amont pétrolier et gazier, mais aussi dans le raffinage, la pétrochimie, les services et la formation, Sonatrach déploie progressivement un modèle fondé sur le partenariat, le partage d’expertise et la valorisation conjointe des ressources. Cette démarche lui permet de consolider ses positions dans plusieurs pays africains et d’ouvrir de nouvelles perspectives de coopération.

Intervenant sur les ondes de la « Chaîne III » de la radio nationale, le vice-président de Sonatrach chargé de la Stratégie, de la Planification et de l’Économie, Fayçal Réda Laraba, a souligné que cette approche repose sur une logique de partenariat « d’égal à égal », couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur énergétique. L’objectif, a-t-il expliqué, est de ne pas limiter la coopération à l’exploration et à la production, mais de l’étendre à la transformation, à la commercialisation, ainsi qu’au transfert de savoir-faire et à la formation des ressources humaines. Le Niger en offre une illustration concrète : présente depuis 2005 sur le périmètre de Kafra, Sonatrach a franchi une étape clé avec le succès du forage Kafra 1.

Un programme d’appréciation de deux ans, comprenant quatre puits d’exploration et une campagne sismique complémentaire, a ainsi été lancé en août dernier afin d’évaluer le potentiel du périmètre et de préparer un éventuel plan de développement global. Ce partenariat intégré vise la production, le raffinage, la pétrochimie et la commercialisation conjointes. « Nous essayons de mettre en place un modèle de coopération qui permet à notre partenaire de bénéficier de toute l’expérience de Sonatrach », a conclu le responsable.

Cette logique de coopération Sud-Sud se retrouve également dans le projet du Gazoduc transsaharien (TSGP), un ouvrage d’intégration énergétique reliant le Nigeria à l’Algérie via le Niger. Ce projet, qui représente un investissement estimé à 13 milliards de dollars pour une capacité minimale de 30 milliards de mètres cubes de gaz par an, entre dans une phase opérationnelle décisive. Des relevés topographiques seront lancés en octobre prochain sur le territoire nigérien, sous la supervision du comité ministériel tripartite (Algérie, Niger, Nigeria).

Du côté algérien, le tracé le long de la route transsaharienne est déjà balisé pour raccorder la frontière au Centre national de dispatching gaz (CNDG) de Hassi R’Mel. Pour Fayçal Réda Laraba, le TSGP ne se réduit pas à un simple rôle de transport : « Il faut voir ce projet comme un projet intégrateur », a-t-il affirmé, évoquant la création d’un écosystème industriel local autour du gaz, notamment pour la production d’engrais destinés à l’agriculture et à l’industrie.

La stratégie continentale de Sonatrach ne se limite toutefois pas au Niger. En Libye, sa filiale à 100 % SIPEX finalise un plan de développement sur les blocs 95, 96 et 65 du bassin de Ghadamès, en vue de le soumettre à la National Oil Corporation (NOC). Parallèlement, des discussions et des échanges d’expérience sont menés avec plusieurs pays africains (Tchad, Mauritanie, Kenya, Mozambique, Sénégal) dans les domaines de l’exploration, du gaz et des expertises offshores et onshore. Cette expansion permet à Sonatrach de mobiliser ses filiales spécialisées (ENAFOR et ENTP pour le forage, ENAGEO pour la sismique, SOMIZ et SOMIK pour la maintenance), ainsi que ses entités dédiées au dessalement d’eau de mer et aux engrais. « Sonatrach ne vient pas seulement avec ses capacités d’investissement, mais également avec tout un écosystème de compétences », a souligné Fayçal Réda Laraba, mettant en avant la complémentarité des métiers du groupe.

La transmission du savoir-faire constitue un volet central de cette stratégie africaine. Sonatrach s’appuie sur l’Institut algérien du pétrole (IAP) pour les métiers de l’énergie et sur la Sonatrach Management Academy (SMA) pour les formations continues et la gouvernance d’entreprise. Ces programmes visent à construire « une coopération durable, basée sur le partage de l’expérience et le développement des compétences », selon Fayçal Réda Laraba.

Cette démarche s’adosse au profil gazier de l’Algérie, forte de ses infrastructures d’exportation (gazoducs Medgaz et Transmed, installations GNL). Le groupe consolide enfin cette dimension continentale par son engagement actif au sein des organisations internationales (OPEP, GECF, APPO), comme en témoigne la présence de cadres algériens tels que Farid Ghezali, secrétaire général de l’APPO. De Kafra au Niger à la Libye, en passant par le TSGP, Sonatrach déploie ainsi un modèle de coopération intégrée associant ressources, infrastructures, expertise et formation.

Par Selma R.

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