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La transformation du système portuaire algérien entre dans une phase d’accélération, portée par d’importants investissements dans les infrastructures, les équipements et la numérisation. Deux projets illustrent particulièrement cette dynamique : l’extension du port d’Arzew, dont les travaux ont atteint 61 %, et le nouveau quai minéralier du port d’Annaba, conçu pour accompagner la montée en puissance du projet intégré de phosphate avec une capacité cible de 10 millions de tonnes par an. À cela s’ajoutent les projets structurants engagés à Djen Djen, Mostaganem et Alger.

Les ports constituent un maillon essentiel de l’économie nationale, puisqu’ils assurent environ 95 % des échanges commerciaux extérieurs de l’Algérie. Pour le groupe des Services portuaires (SERPORT), l’enjeu consiste désormais à faire évoluer l’ensemble de la chaîne portuaire afin de réduire les délais, d’améliorer la productivité et de renforcer la compétitivité du commerce extérieur. Le PDG de SERPORT, Ali Boulaaras, a expliqué que la nouvelle stratégie repose sur une vision globale. « Nous ne sommes plus dans une logique d’amélioration ponctuelle des performances, mais dans la construction d’un système portuaire moderne, efficient et compétitif », a-t-il indiqué sur les ondes de « la Chaîne I » de la radio nationale.

Cette vision se traduit d’abord par de grands chantiers d’infrastructures. À Arzew, le projet d’extension du Môle 5 atteint 61 % d’avancement (91 % pour la première phase opérationnelle). Étendu sur 55 hectares avec un quai de 750 mètres, il renforcera les capacités du port d’ici sa livraison en 2027 et s’inscrit dans un programme national incluant réhabilitation, dragage et stockage. « L’infrastructure reste un élément fondamental, mais elle doit être accompagnée par les équipements, la digitalisation et une meilleure coordination de tous les intervenants », a souligné Ali Boulaaras.

À l’autre extrémité du pays, le port d’Annaba développe un quai minéralier de 1 600 mètres (16 mètres de tirant d’eau, relié au fer) pour traiter 10 millions de tonnes de phosphate par an et accueillir des navires de 80 000 à 90 000 tonnes. Avancé à 55 %, le chantier, confié au groupement CHEC-COSIDER-MEDITRAM, sera livré en mars 2027 et créera 5 000 emplois. Ces projets répondent à une même logique : « Chaque port doit pouvoir valoriser ses atouts et sa position pour développer une vocation particulière », a affirmé le PDG de SERPORT.

C’est le cas à Djen Djen (Jijel), où les études sont finalisées pour un bassin de 20 mètres de profondeur et 122 hectares d’aménagements, destinés à accueillir des géants de 24 000 EVP et à faire du port un hub logistique africain. À Mostaganem, port pilote pour l’import-export public, une aire de 10 000 conteneurs est déjà en service, cinq hectares sont en cours d’aménagement et un troisième bassin est à l’étude pour desservir douze wilayas.

Parallèlement, la transformation du secteur s’appuie sur une enveloppe de 60 milliards de dinars (2025-2026), dont 21 milliards en 2026, consacrée à la modernisation des équipements (portiques, grues) et à la numérisation via le Guichet unique. « La numérisation doit permettre de fluidifier les procédures et de donner davantage de visibilité à l’ensemble des opérateurs de la chaîne logistique », a expliqué Ali Boulaaras.

Par S R.

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