10/05/2026
ACTU

CREA -MEDEF: Engagement pour un dialogue économique structuré

La visite à Alger de Patrick Martin, président du Mouvement des entreprises de France (MEDEF), à l’invitation de Kamel Moula, président du Conseil du renouveau économique algérien (CREA), s’inscrit dans une dynamique de rapprochement où le dialogue entre entreprises est appelé à jouer un rôle central. Dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques ainsi que par les défis énergétiques et climatiques, les organisations patronales algérienne et française affichent une volonté commune de relancer et de structurer leur coopération économique.

À travers cette initiative conjointe, le CREA et le MEDEF entendent poser les bases d’un nouveau cycle de coopération, dans lequel les entreprises s’imposent comme les acteurs clés d’un dialogue économique structuré et durable entre l’Algérie et la France, indépendamment des aléas politiques. Face à ces enjeux, les deux organisations partagent une conviction claire : la nécessité d’intensifier et surtout de structurer le dialogue économique entre les entreprises des deux pays. « Nous sommes convaincus que les partenariats de voisinage doivent être renforcés autour d’intérêts mutuels et d’une confiance retrouvée », a affirmé Kamel Moula sur sa page Facebook. Pour le président du CREA, « les entreprises constituent aujourd’hui le moteur le plus efficace pour bâtir une coopération durable, fondée sur des projets concrets et créateurs de valeur ».

Cette orientation intervient alors que la relation économique algéro-française, bien que dense, peine encore à s’aligner pleinement sur les exigences du XXIe siècle. Des centaines d’entreprises françaises opèrent en Algérie, souvent en partenariat avec des acteurs locaux, contribuant à la création d’emplois et au transfert de savoir-faire. Cependant, la concurrence internationale se fait de plus en plus pressante. L’Italie et l’Espagne, notamment dans le secteur énergétique, ont renforcé leur présence, poussant les entreprises françaises à repenser leur positionnement.

Dans ce contexte, Kamel Moula insiste sur la nécessité de dépasser les logiques traditionnelles pour bâtir une relation économique renouvelée. « Il est impératif d’inscrire notre partenariat dans une vision moderne, capable de répondre aux mutations économiques globales et aux attentes de nos jeunesses », a-t-il déclaré. Il met également en avant le potentiel d’une complémentarité stratégique entre les deux pays : « L’Algérie dispose d’une jeunesse compétente et d’importantes ressources naturelles, tandis que la France apporte une expertise technologique reconnue. L’alliance de ces atouts peut générer une dynamique de croissance bénéfique pour les deux rives ». Dans le même esprit, la dimension géographique apparaît comme un levier majeur. Situées au cœur du bassin méditerranéen, l’Algérie et la France bénéficient d’une position stratégique aux portes de l’Afrique et de l’Europe. Pour le président du CREA, « cette proximité doit être davantage exploitée à travers des investissements structurants, capables de créer de la richesse et de l’emploi de part et d’autre de la Méditerranée ».

Les discussions engagées entre les deux organisations patronales devraient déboucher rapidement sur des actions concrètes. Les deux parties ont ainsi convenu d’élaborer, dans les meilleurs délais, un programme de travail commun impliquant les entreprises algériennes et françaises. L’objectif est de passer d’une logique d’échanges ponctuels à une coopération structurée, inscrite dans la durée. Pour Kamel Moula, cette étape est décisive : « Nous devons construire un cadre de dialogue permanent, organisé et orienté vers des résultats tangibles. C’est à cette condition que notre partenariat pourra atteindre tout son potentiel ». Une ambition qui rejoint celle exprimée par le MEDEF, dans une conjoncture où la diplomatie économique pourrait redevenir un pilier essentiel du rapprochement entre les deux pays.

De son côté, le patron du MEDEF, dès son arrivée, a donné le ton en affirmant son souhait de contribuer à « réchauffer les relations » entre Alger et Paris. « Je crois profondément en la diplomatie économique », a-t-il souligné, mettant en avant une approche pragmatique et moins visible que la diplomatie étatique, mais tout aussi déterminante. Dans un contexte où les relations politiques ont connu des tensions, le monde des affaires apparaît ainsi comme un levier capable de recréer des passerelles et de restaurer la confiance.

La visite de Patrick Martin, marquée par des rencontres avec les milieux d’affaires et les opérateurs binationaux, a également permis de mesurer la portée humaine et économique de cette relation. « Alors que s’achève ma visite en Algérie, marquée notamment hier soir par une rencontre avec la communauté d’affaires française, algérienne et binationale, j’ai eu l’opportunité de découvrir un pays au caractère affirmé et de mesurer la qualité de l’accueil réservé par un peuple avec lequel nous partageons des liens profonds », a-t-il déclaré, soulignant la profondeur des liens entre les deux nations.

Par Selma R.

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