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La stratégie de développement de l’industrie pharmaceutique nationale s’oriente vers une maîtrise progressive de l’ensemble de la chaîne de production, depuis la fabrication des matières premières jusqu’aux médicaments innovants et aux thérapies cellulaires et géniques. Cette évolution, portée notamment par les projets du groupe Saidal, vise à réduire la dépendance aux importations, à renforcer la sécurité sanitaire et à développer des traitements de pointe accessibles aux patients algériens. L’un des principaux défis reste celui de l’approvisionnement en matières premières.

Selon Arezki Chekaoui, directeur des opérations biotechnologiques et pharmaceutiques au sein du groupe Saidal et directeur du projet du Centre national de thérapie cellulaire et génique, l’Algérie importe actuellement la totalité des matières premières utilisées dans son industrie pharmaceutique. Cette dépendance expose la production nationale aux perturbations des chaînes d’approvisionnement, notamment en période de crise sanitaire ou de tensions géopolitiques.

Pour y remédier, plusieurs projets de fabrication locale sont en cours. La production de la matière première du paracétamol devrait ainsi démarrer prochainement, avec l’ambition de faire de l’Algérie le premier pays africain à la produire. D’autres projets concernent les substances destinées aux traitements contre le cancer, les maladies cardiovasculaires et le diabète de type 2, ainsi que les peptides, utilisés dans le développement de médicaments innovants. La production de matières premières pour les antibiotiques, notamment la pénicilline et les familles qui en dérivent, figure également parmi les chantiers engagés. « Nous nous orientons vers la fabrication de nos propres matières premières afin de réduire les importations et les charges financières qu’elles représentent pour l’État », a expliqué M. Chekaoui lors de son intervention sur « Ennahar TV ». Cette démarche s’appuie sur le renforcement des capacités nationales de recherche et développement, notamment au sein du centre de Saidal à Sidi Abdellah, où de jeunes compétences en biotechnologie sont formées pour accompagner ces projets et assurer le transfert des technologies.

Cette montée en gamme concerne également les thérapies cellulaires et géniques. Le Centre national de thérapie cellulaire et génique doit permettre à l’Algérie de développer des traitements avancés, notamment pour certaines formes de cancer, dont les thérapies par cellules souches et les cellules immunitaires CAR-T. Le projet prévoit des capacités de soins, de fabrication répondant aux normes internationales, ainsi que de recherche et développement. Selon M. Chekaoui, le centre dispose d’une capacité annoncée de 130 lits.

La coopération avec des partenaires internationaux constitue un levier essentiel de cette ambition. Une collaboration est notamment envisagée avec l’entreprise allemande Miltenyi Biotec, spécialisée dans les technologies de thérapie cellulaire, tandis que des travaux sont menés avec des chercheurs de l’Institut Karolinska en Suède. L’objectif ne se limite pas à l’acquisition d’équipements : il porte aussi sur leur implantation en Algérie, la formation des équipes et le transfert des compétences nécessaires à la maîtrise de ces procédés. « Nous ne sommes pas dans une démarche d’acquisition de machines uniquement, mais dans une logique de transfert et de localisation de la technologie, avec la formation de nos compétences nationales », a souligné le responsable. L’intelligence artificielle et la bio-informatique doivent par ailleurs être intégrées aux équipes pluridisciplinaires chargées de développer ces nouvelles approches thérapeutiques.

Par Selma R.

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