Les exportations algériennes de gaz naturel liquéfié (GNL) ont connu une nette reprise en octobre dernier, atteignant leur niveau le plus élevé depuis un an. En effet, après plusieurs mois marqués par des fluctuations, elles ont enregistré une hausse significative de plus de 51 % en octobre 2026, pour atteindre 1,03 million de tonnes, contre 680 000 tonnes en septembre, selon les données de l’Unité de recherche sur l’énergie (Energy Research Unit), basée à Washington.
Ce volume constitue le niveau le plus élevé enregistré depuis un an et confirme le redressement des livraisons algériennes sur les marchés internationaux. En mai dernier, les exportations avaient déjà franchi le seuil du million de tonnes, avec 1,02 million de tonnes. En octobre 2025, elles s’étaient établies à 1,09 million de tonnes. Toutefois, cette reprise mensuelle ne suffit pas à compenser le recul enregistré depuis le début de l’année. Sur les dix premiers mois de 2026, les exportations algériennes de GNL ont totalisé 7,06 millions de tonnes, contre 8 millions de tonnes durant la même période de 2025, soit une baisse de 12 %.
Sur le plan des destinations, la France s’est hissée au premier rang des importateurs de GNL algérien en octobre 2026, avec 296 000 tonnes réceptionnées. Elle devance l’Espagne, qui a importé 262 000 tonnes, et la Turquie, avec 261 000 tonnes. Les autres destinations européennes figurant dans le classement sont les Pays-Bas, avec 76 000 tonnes, l’Allemagne, avec 74 000 tonnes, et l’Italie, avec 66 000 tonnes.
Selon la même source, les exportations algériennes à destination du marché français ont bondi de 84 % sur un an, passant de 161 000 tonnes en octobre 2025 à 296 000 tonnes en octobre 2026. L’Espagne a également enregistré une légère progression de ses importations de GNL algérien, en hausse de 3 % sur un an, tandis que les livraisons vers la Turquie ont connu une augmentation plus modérée.
Concernant le marché allemand, l’Algérie a exporté une deuxième cargaison d’environ 74 000 tonnes de GNL vers l’Allemagne. Il s’agit de la deuxième livraison de ce type dans l’histoire des échanges entre les deux pays.
Cette opération s’inscrit dans le prolongement du premier contrat d’exportation de GNL algérien vers l’Allemagne, signé en février 2024, à l’occasion de la visite en Algérie de Robert Habeck, alors vice-chancelier allemand et ministre de l’Économie et de la Protection du climat. Les Pays-Bas ont, pour leur part, réceptionné une cargaison d’environ 76 000 tonnes, soit leur deuxième livraison de GNL algérien en plus de deux ans.
À contre-courant de cette tendance, les exportations vers l’Italie ont fortement reculé. Elles sont passées de 262 000 tonnes en octobre 2025 à seulement 66 000 tonnes en octobre 2026.
Maintenance et hausse de la consommation intérieure : les facteurs du recul
Malgré le rebond observé en octobre, les exportations algériennes de GNL restent confrontées à plusieurs contraintes structurelles et conjoncturelles.
Les opérations de maintenance réalisées sur les installations gazières, conjuguées à la hausse de la consommation nationale de gaz, notamment pour la production d’électricité, ont pesé sur les volumes disponibles à l’exportation. La diminution des quantités de gaz acheminées vers les unités de liquéfaction a également contribué à cette évolution.
L’année 2026 avait d’ailleurs commencé sur un niveau particulièrement faible, avec seulement 440 000 tonnes exportées en janvier, soit le deuxième plus bas niveau historique. Durant la plupart des mois de l’année, les volumes mensuels se sont maintenus dans une fourchette comprise entre 400 000 et 700 000 tonnes. Le troisième trimestre a été particulièrement difficile. Selon le rapport sur les évolutions des marchés arabes et mondiaux du GNL publié par l’Unité de recherche sur l’énergie, les exportations algériennes ont atteint, durant cette période, leur plus bas niveau trimestriel depuis treize ans.
Le rebond enregistré en octobre constitue ainsi un signal positif pour les exportations algériennes. Reste toutefois à savoir si cette dynamique pourra se maintenir au cours des derniers mois de l’année, dans un contexte où les besoins du marché intérieur, les opérations de maintenance et les capacités d’approvisionnement des unités de liquéfaction continueront de peser sur les volumes disponibles à l’exportation.
L’Algérie figure aujourd’hui parmi les dix premiers producteurs de gaz au monde et constitue le deuxième fournisseur de l’Union européenne par gazoducs. Elle conserve sa position de fournisseur sûr et fiable, grâce au respect constant de ses engagements, même dans les circonstances les plus difficiles, comme l’a souligné le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, dans son message adressé récemment au Forum des pays exportateurs de gaz (GECF), à Moscou.
Dans son message, le président Tebboune a souligné que le gaz naturel ne constitue pas une option conjoncturelle, mais un pilier durable des économies nationales, ayant fait preuve d’une résilience remarquable face aux crises successives. Il a également appelé à la mise en place de cadres réglementaires stables et à une juste valorisation du gaz, notamment dans le cadre des contrats à long terme, tout en insistant sur l’importance de consolider le rôle du Forum et de renforcer la coopération entre ses membres afin de garantir la stabilité des marchés et la sécurité des approvisionnements face aux tensions géopolitiques.
Par Z R/Agence



