28/05/2024
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Délocalisations industrielles: L’Algérie, une destination de choix

Grâce aux avantages comparatifs qu’offre le gaz naturel, véritable « allié de la transition énergétique », l’Algérie pourrait attirer des investissements industriels internationaux cherchant à rendre leurs processes plus propres. C’est ce que le Professeur Noureddine Yassaa, Commissaire aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique (CEREFE) a indiqué dans une déclaration à la radio nationale.

«Actuellement, il y a certaines industries qui sont en train de se délocaliser un peu partout à cause notamment de la crise énergétique, l’Algérie pourrait être un centre pour l’implantation de ces industries. La coexistence du gaz naturel et de l’énergie solaire, en abondance, et sa position géostratégique rend l’Algérie une destination de choix pour devenir un grand pôle industriel dans la région », a-t-il souligné.

Il s’agit notamment, a-t-il poursuivi, d’un potentiel de projets relevant des « secteurs industriels stratégiques pour le développement économique de notre pays », soulignant que la nouvelle approche consistait à valoriser les ressources énergétiques nationales, fossiles ou renouvelables, localement, en créant de la valeur ajoutée, de la richesse et de l’emploi dans le cadre d’une politique de diversification de l’économie.

En d’autres termes, cette approche « favorise l’exportation des produits dérivés ou manufacturés au lieu d’exporter le gaz naturel brut, en incitant nos partenaires industriels étrangers à s’implanter dans notre pays en bénéficiant de l’accès à une énergie abondante, abordable, propre et durable ainsi qu’aux avantages accordés dans le cadre du nouveau code sur l’investissement », a expliqué le CEREFE.  Insistant sur le rôle central du gaz naturel comme « allié incontournable » des énergies renouvelables, notamment en Algérie, qui mise sur la diversification de son économie, le même responsable a affirmé que ces futurs projets investissements pourraient être concrétisés dans divers créneaux à forte valeur ajoutée, dont l’industrie mécanique, les giga-factory dans l’industrie solaire, la fabrication de batteries, l’industrie de pointe et les semi-conducteurs. Les data centers, les clouds, et autres, qui sont énergivores, peuvent ainsi bénéficier de l’abondance de l’énergie propre et durable en Algérie.

M. Yassaa a également relevé l’intérêt, pour l’Algérie de déployer massivement les énergies renouvelables, compte tenu des potentialités qu’elle recèle, dont l’objectif stratégique est de diversifier les ressources énergétiques nationales et assurer sa sécurité énergétique à long terme, de façon à préserver le gaz naturel en tant que levier de création de la valeur ajoutée. «Le gaz naturel a toute sa place dans le système énergétique mondial: toutes les projections crédibles montrent que le couple gaz naturel-énergie solaire occupe une place répondante dans le futur système énergétique
mondial. En attendant le développement des technologies de stockage à grande échelle, notamment les batteries de stockage et l’hydrogène vert, le gaz naturel permettra aux énergies renouvelables intermittentes, solaire et éolienne, de se développer tout en assurant la stabilité et la fiabilité des services énergétiques », a souligné le responsable du CEREFE.

Par ailleurs, le commissaire aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique auprès du premier Ministre a fait savoir qu’il y a deux enjeux à relever. Le premier consiste à la réduction de la consommation  nationale en électricité en croissance de 5 à 6% annuellement. Quant au deuxième enjeu c’est comment se préparer à la taxe carbone. Cette dernière sera en vigueur dès 2026 et nos exportations en ciment, l’acier, le verre et les engrais sont menacés. Donc, il faut se mettre à niveau dès maintenant en accélérant les opérations de décarbonations, insiste-t-il, en annonçant qu’un projet est en cours de réalisation pour accompagner le groupe GICA pour décarboniser le ciment.

Interrogé, par ailleurs, sur le sommet du Forum des pays exportateurs de gaz (GECF) qui se tiendra à Alger (28 février-2 mars), il a noté que l’évènement constitue une opportunité pour affirmer que « le gaz naturel a toute sa place dans le système énergétique mondial, d’autant plus qu’il permet d’atteindre le triple objectif: sécurité énergétique, croissance économique et protection de l’environnement ».

Par Sirine R

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