Diversification de l’économie nationale: Le FMI soutient les efforts de l’Algérie
La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, a salué, jeudi à Alger, les progrès significatifs réalisés par l’Algérie en matière de stabilité macroéconomique et de développement, mettant en avant la baisse du taux d’inflation et son impact positif sur l’économie nationale.
Dans une déclaration à la presse à l’issue de l’audience que lui a accordée le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, Mme Georgieva a qualifié les échanges avec le chef de l’État de « riches et approfondis », exprimant également sa satisfaction quant à l’accueil par l’Algérie d’une conférence internationale de haut niveau consacrée à l’interconnexion entre l’Europe et l’Afrique via l’Afrique du Nord.
À cette occasion, la responsable du FMI a réaffirmé le soutien total de l’institution financière internationale aux efforts continus de l’Algérie en faveur de la diversification de son économie. Elle a souligné l’importance accordée par les autorités algériennes à la création d’emplois, notamment au profit des jeunes, au soutien à l’entrepreneuriat et aux start-up, ainsi qu’à l’investissement dans le capital humain, qu’elle a qualifié de véritable levier d’avenir pour le pays. Mme Georgieva a par ailleurs exprimé son admiration pour « la beauté et le dynamisme de l’Algérie », qu’elle visite pour la première fois.

La directrice générale du FMI s’est également exprimée lors de l’ouverture de la conférence de haut niveau intitulée « Afrique du Nord : relier les continents, créer des opportunités », co-organisée par la Banque d’Algérie et le FMI, sous la présidence du Premier ministre, M. Sifi Ghrieb. Elle a souligné que cette rencontre intervient dans un contexte de profonde transformation mondiale, marqué par l’intensification des tensions géopolitiques, la reconfiguration des flux commerciaux et financiers, la restructuration des chaînes d’approvisionnement, ainsi que la transition énergétique et l’essor rapide des nouvelles technologies, notamment l’intelligence artificielle.
Face à cette conjoncture caractérisée par une incertitude accrue, Mme Georgieva a insisté sur la nécessité d’intensifier la coopération régionale et les échanges économiques entre l’Afrique du Nord, l’Afrique subsaharienne et l’Europe. Elle a mis en avant la position géographique stratégique de l’Afrique du Nord, qui constitue un pont naturel entre l’Europe et le reste du continent africain, rappelant que la région dispose d’un potentiel considérable en matière de commerce, d’intégration économique et d’attractivité des investissements.
La responsable du FMI a, dans ce cadre, souligné le rôle clé de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), qu’elle a qualifiée de moteur d’intégration et d’atout majeur pour le continent, tant pour ses populations que pour ses relations économiques avec l’Europe. Elle a également plaidé pour le développement de pôles de production intégrés, de projets d’infrastructures interrégionales, notamment ferroviaires, ainsi que de plateformes de connectivité numérique, susceptibles de générer des économies d’échelle et d’améliorer l’efficacité logistique à l’échelle continentale.
Abordant le secteur énergétique, Mme Georgieva a estimé que l’Afrique du Nord, riche en ressources pétrolières et gazières, et disposant d’un fort potentiel solaire et éolien, est en mesure d’alimenter les industries nationales et internationales, de soutenir la transition énergétique de l’Europe et de contribuer à réduire le déficit d’électricité en Afrique. Elle a, à ce titre, mis en avant les atouts énergétiques de l’Algérie, citant les progrès réalisés dans les projets hybrides solaires-gaz au Sahara, le développement des interconnexions électriques avec l’Europe et les investissements engagés dans l’hydrogène vert destiné à l’exportation.
Enfin, la directrice générale du FMI a appelé à la réduction des barrières commerciales et au renforcement des échanges intra-africains, relevant que le commerce entre l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne demeure encore limité. Elle a insisté sur l’importance des réformes visant à améliorer l’environnement des affaires, la gouvernance et la logistique commerciale, notamment à travers la modernisation des ports, des systèmes douaniers et le développement de corridors transfrontaliers, soulignant que ces projets sont essentiels pour améliorer durablement la connectivité et la compétitivité des économies de la région.
Par Zahir Radji/Agence
