03/04/2026
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Ecotourisme: 141 forêts récréatives créées

Dans le sillage de la transition économique que connaît l’Algérie, le secteur forestier s’impose comme l’un des nouveaux piliers de la diversification des revenus nationaux. Le pays s’engage résolument dans la voie de l’économie verte, faisant de la valorisation du patrimoine forestier une dimension stratégique. Désormais, 141 forêts récréatives ont été créées, réparties sur 36 wilayas, transformant la forêt, qui n’est plus seulement un espace naturel à protéger, en un véritable levier de développement durable, social et économique.

Lors de son passage à la télévision algérienne, Halim Hafir, Sous-Directeur des Biens et Services Forestiers à la Direction Générale des Forêts a expliqué que : « Le secteur des forêts est un secteur vital et sensible, qui joue un rôle central dans la préservation et la valorisation du patrimoine naturel national ». Ce réseau d’encadrement, présent sur l’ensemble du territoire à travers 58 conservations des forêts, œuvre à la protection, à la gestion et à la valorisation des ressources dans toutes les wilayas.

Cette nouvelle orientation a été consolidée par la loi 23-21, promulguée en 2023, qui a profondément renouvelé le cadre juridique régissant la gestion du domaine forestier public. Ce texte a introduit des mécanismes innovants pour ouvrir la forêt à l’investissement économique, tout en garantissant la durabilité écologique. Il autorise désormais la valorisation des produits boisés et non boisés (liège, bois de chauffage, plantes médicinales ou aromatiques) ainsi que la création de forêts récréatives.« Cette loi a permis de lever de nombreuses contraintes. Avant son adoption, la forêt était pratiquement fermée à l’investissement. Aujourd’hui, nous avons ouvert plusieurs espaces forestiers à la création de projets durables », a précisé M. Hafir.

Grâce à ce cadre, 141 forêts récréatives ont déjà été créées sur 36 wilayas, dont 24 sont actuellement exploitées et attribuées à plus de 80 investisseurs. L’ensemble de ces projets, encadrés par les conservations locales, visent à transformer les zones forestières accessibles en espaces de détente, de loisirs et de tourisme écologique.

Ces investissements privilégient des zones proches des routes et des agglomérations, mais excluent strictement les forêts classées comme espaces de protection. Chaque projet doit répondre à des critères précis : durabilité environnementale, compatibilité avec les objectifs du secteur, et contribution à l’économie locale.« Nous veillons à ce que ces projets bénéficient d’abord aux populations voisines des forêts, car elles en sont les premières gardiennes », a souligné le responsable. Chaque forêt d’estivage mobilise une main-d’œuvre locale et devient un pôle d’attraction. Il est à noter que les investissements réalisés dans ces forêts reposent sur les fonds propres des bénéficiaires, sans recours à un financement public direct, bien que la Direction Générale des Forêts encourage la coopération public-privé.

Outre leur dimension touristique (jeux nature, espaces récréatifs éducatifs), ces projets visent également la valorisation des produits forestiers. Le liège, par exemple, représente une ressource majeure pouvant être exploitée dans la fabrication de matériaux isolants et de panneaux industriels.« Le liège est un produit à forte valeur ajoutée. Nous encourageons les entreprises à innover dans sa transformation », a indiqué M. Hafir, insistant sur la nécessité de lier innovation, recherche scientifique et durabilité. Il a salué les porteurs de projets aux idées originales, « capables de concilier activité économique et préservation de la nature ».

Loin d’un simple aménagement, cette démarche traduit la volonté de faire de la forêt un espace de vie et de prospérité partagée, participant à la revitalisation des territoires ruraux et à la création d’emplois durables. L’Algérie s’inscrit ainsi dans une dynamique moderne où la nature devient source de richesse, d’innovation et de cohésion territoriale. « Investir dans la forêt, c’est investir dans l’avenir : celui d’une Algérie plus verte, plus équilibrée et plus responsable », a-t-il conclu.

Par M. A.

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