Escalade militaire au Moyen Orient/marché du GNL : Une opportunité pour l’Algérie !
La recomposition actuelle des marchés énergétiques mondiaux, marquée par l’escalade militaire entre l’Entité sioniste, les États-Unis et l’Iran, ouvre une nouvelle fenêtre d’opportunité pour l’Algérie sur le marché du gaz naturel liquéfié (GNL). Les perturbations qui affectent les exportations de plusieurs pays du Golfe, combinées à la flambée des prix du gaz, pourraient en effet permettre à Alger de renforcer sa présence sur les marchés internationaux et d’accroître ses exportations.

Selon plusieurs analyses spécialisées, l’intensification des tensions au Moyen-Orient a provoqué des perturbations inédites dans les chaînes d’approvisionnement énergétique, poussant les prix du gaz à leurs plus hauts niveaux depuis près de trois ans. Dans ce contexte, plusieurs pays exportateurs cherchent à augmenter rapidement leurs volumes disponibles sur le marché international, notamment sur le marché spot. L’Algérie apparaît ainsi comme l’un des acteurs susceptibles de tirer profit de ces bouleversements.
Selon la plateforme spécialisée « Attaqa.net », la compagnie nationale Sonatrach chercherait à porter la production de GNL à son niveau maximal afin de tirer parti de la hausse des prix et de compenser les perturbations enregistrées dans certaines régions exportatrices, en particulier dans le Golfe. Des installations stratégiques au Qatar, notamment à Ras Laffan et Mesaieed, ont en effet été affectées par des attaques, entraînant l’arrêt temporaire d’une partie des exportations qataries et accentuant la tension sur les marchés.
Pour l’Algérie, la configuration géographique constitue un atout majeur. Contrairement aux exportateurs du Golfe, les cargaisons algériennes ne transitent pas par le détroit d’Ormuz, une zone actuellement soumise à une forte pression militaire et maritime. Situées sur la façade méditerranéenne, les infrastructures algériennes offrent un accès rapide aux marchés européens, tout en permettant l’acheminement de cargaisons vers l’Asie en contournant les zones de tension via le cap de Bonne-Espérance.
L’Algérie figure d’ailleurs parmi les principaux producteurs africains de GNL, avec une capacité de liquéfaction estimée à environ 25,3 millions de tonnes par an. Ce potentiel pourrait permettre au pays d’augmenter ses livraisons à court terme si la conjoncture internationale demeure marquée par les tensions géopolitiques et la hausse des prix.
Les observateurs rappellent que l’Algérie avait déjà profité d’une conjoncture similaire en 2022, lorsque la guerre entre la Russie et l’Ukraine avait provoqué une flambée des prix de l’énergie et une forte demande européenne pour des sources alternatives d’approvisionnement. Cette année-là, les exportations algériennes de GNL avaient atteint environ 10,2 millions de tonnes, contribuant à une hausse record des revenus des hydrocarbures du pays, qui avaient dépassé les 50 milliards de dollars.
L’Europe demeure aujourd’hui le principal débouché du gaz algérien. En 2025, la Turquie s’est imposée comme le premier importateur avec 3,14 millions de tonnes, suivie par la France avec 2,31 millions de tonnes, l’Italie avec 1,62 million de tonnes, l’Espagne avec 1,44 million de tonnes et le Royaume-Uni avec environ 640 000 tonnes. Ces chiffres illustrent la place stratégique de l’Algérie dans l’approvisionnement énergétique de la région euro-méditerranéenne.
Dans ce contexte de tension sur les marchés, l’Algérie pourrait également orienter certaines cargaisons vers des pays arabes importateurs, tels que l’Égypte, le Koweït, la Jordanie ou encore Bahreïn, afin de combler d’éventuelles ruptures d’approvisionnement.
Par S. R.
