Exportations de gaz en 2025: L’Algérie confirme son rôle de pilier stratégique pour l’Europe
Le paysage énergétique méditerranéen demeure fortement marqué par la présence de l’Algérie. Le pays conserve son statut de fournisseur incontournable de l’Union européenne et fait preuve d’une résilience notable dans un marché en mutation, malgré un exercice marqué par plusieurs contraintes techniques.
Dans un contexte où l’Europe s’emploie à sécuriser ses approvisionnements après la raréfaction des flux russes via l’Ukraine, les gazoducs algériens ont joué un rôle central. Selon les dernières données sectorielles du dernier rapport de l’OAPEC relatives à l’année, les exportations par canalisations vers le marché européen (principalement à destination de l’Italie et de l’Espagne) ont atteint environ 30 milliards de m³. Ce volume est en léger recul de 2,6 % par rapport aux 30,8 milliards de m³ enregistrés en 2024, une baisse attribuée à des opérations de maintenance sur des infrastructures côté italien. Cette évolution n’altère toutefois pas la solidité structurelle des flux. L’Algérie demeure un partenaire fiable pour l’Europe du Sud, assurant des livraisons régulières et prévisibles.

Le segment du gaz naturel liquéfié (GNL) affiche, en revanche, une évolution plus contrastée. Au quatrième trimestre 2025, les exportations se sont établies autour de 2,7 millions de tonnes, soit un niveau globalement comparable à celui de la même période de l’année précédente. Sur l’ensemble de l’année, les volumes exportés atteignent 9,53 millions de tonnes, contre 11,5 millions en 2024, ce qui représente un recul de 17,1 %. Cette baisse ne reflète ni un affaiblissement de la demande ni une contrainte sur les ressources, mais s’explique par des arrêts programmés et des contraintes techniques ayant affecté certaines unités de liquéfaction. Ces opérations s’inscrivent dans une logique de sécurisation et de durabilité des installations à moyen et long terme.
Malgré ce repli conjoncturel sur le GNL, l’Algérie conserve une place de premier plan parmi les fournisseurs de l’Union européenne, aux côtés des États-Unis, du Qatar, de la Russie et du Nigeria. En combinant ses capacités d’exportation par gazoducs et par voie maritime, le pays confirme son positionnement stratégique et sa volonté de consolider son rôle dans la sécurité énergétique régionale, tout en poursuivant l’optimisation de son outil industriel.
À l’échelle internationale, le marché du GNL a franchi un nouveau seuil en 2025. Le volume des échanges mondiaux a atteint environ 429,8 millions de tonnes sur l’année, en progression de 5,1 %. Cette croissance est portée par la mise en service de nouveaux projets de liquéfaction et par une demande soutenue sur plusieurs grands marchés importateurs. Le gaz confirme ainsi son rôle pivot dans les trajectoires de transition énergétique. Les pays arabes, à savoir le Qatar, l’Algérie, les Émirats arabes unis, l’Oman, l’Égypte et la Mauritanie, totalisent ensemble 109,1 millions de tonnes d’exportations en 2025, soit plus d’un quart du commerce mondial de GNL.
Leur performance collective s’est particulièrement illustrée au quatrième trimestre, avec une progression annuelle de 5,1 %, confirmant le rôle structurant de cette zone dans l’approvisionnement énergétique international. Enfin, l’étude souligne l’accélération des stratégies nationales autour de l’hydrogène bas carbone. De nombreux pays, en particulier dans le monde arabe, multiplient les projets et les objectifs à l’horizon 2030–2040, traduisant une volonté de préparer l’après-gaz et de conserver un rôle majeur dans le futur mix énergétique mondial.
Par Selma Rachid.
