Ligne ferroviaire Béchar–Tindouf–Gara Djebilet: L’Union internationale des chemins de fer salue un exploit stratégique
La mise en service de la ligne ferroviaire Béchar–Tindouf–Gara Djebilet marque une avancée décisive dans la dynamique de développement industriel de l’Algérie. Long de près de 950 km, ce projet structurant pour le Grand Sud a reçu les félicitations de l’Union internationale des chemins de fer (UIC), qui le considère comme un exemple de transformation économique durable appuyée sur les infrastructures de transport.

La mise en service de cette nouvelle liaison ouvre une phase décisive pour la région minière de Gara Djebilet. Conçue à la fois pour le transport de marchandises et de passagers, la ligne vise à désenclaver des zones stratégiques, à fluidifier la logistique minière et à soutenir une nouvelle dynamique industrielle. Au-delà de sa dimension économique, le projet porte également un impact social important pour les populations situées le long du corridor, grâce à l’amélioration de la mobilité et de l’accès aux services.
La réalisation de l’ouvrage s’est appuyée sur l’expertise nationale, notamment celle de l’Agence nationale d’études et de suivi de la réalisation des investissements ferroviaires (ANESRIF), membre de l’UIC en Afrique. L’organisation internationale souligne que ce projet illustre pleinement le concept de développement par corridor, largement appliqué à l’échelle mondiale pour structurer l’activité économique autour d’axes logistiques intégrés.
Dans ce cadre, l’UIC met en avant le choix du rail comme solution privilégiée pour les grands projets industriels. Le transport ferroviaire est présenté comme le moyen le plus efficace pour relier les zones minières aux centres industriels et aux ports, tout en garantissant une performance logistique élevée et une empreinte carbone réduite.
Sur le plan technique, le chantier se distingue par des réalisations d’envergure, notamment le viaduc franchissant l’Oued Daoura, long de 4,111 kilomètres, considéré comme le plus long viaduc ferroviaire d’Afrique. La ligne a été dimensionnée pour supporter une charge de 32,5 tonnes par essieu, un standard élevé indispensable pour l’acheminement de volumes importants de minerai de fer dans des conditions de sécurité et de rendement optimales.Sur le plan opérationnel, la Société nationale des transports ferroviaires (SNTF), membre de l’UIC depuis 1929, a déjà engagé l’exploitation des services voyageurs, avec des dessertes assurées au départ de Tindouf et de Béchar, marquant le début de l’intégration progressive de la ligne dans le réseau national.
Pour l’UIC, la cadence de réalisation du projet reflète l’efficacité de la coordination entre les différentes parties prenantes algériennes autour d’une vision partagée. L’organisation souligne que ce type de coopération permet de concrétiser des projets d’infrastructure lourde répondant à la fois aux impératifs économiques et aux exigences environnementales.
Par S R.
