18/05/2026
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Gestion de la vase dans les barrages : L’ANBT explore de nouvelles solutions

La valorisation des vases de barrage s’impose avec acuité. Les différentes opérations de dragage menées par l’Algérie, via l’Agence nationale des barrages et transferts (ANBT), ont certes contribué à la préservation des 81 barrages en service d’une capacité de stockage globale de 8,6 milliards m3.

Toutefois, avec les changements climatiques marqués par des phénomènes de sécheresse et de pluies torrentielles, ces opérations de dévasement coûteuses pour le Trésor public s’avèrent «insuffisantes » à elles seules, d’où la nécessité de penser à d’autres méthodes d’appui afin de garantir un traitement efficace et surtout durable.

C’est dans ce cadre que des démarches sont entreprises par l’ANBT, en association avec des chercheurs universitaires et l’engagement des industriels, pour examiner les meilleurs moyens pour la sauvegarde des barrages et la préservation de l’environnement.

En effet, lors d’une rencontre technique dédiée à la gestion et à la valorisation des vases de barrage dans une logique d’économie circulaire, organisée par l’ANBT en collaboration avec Holcim El-Djazaïr, le Directeur général de cette agence, Abdellatif Azira, a présenté les avancées d’une série d’expérimentations menées pour améliorer la performance et la durabilité des ouvrages hydrauliques en Algérie.

La vase, qui s’accumule dans les retenues au fil des années, réduit progressivement la capacité de stockage des barrages et nécessite des opérations de dévasement particulièrement coûteuses. Chaque campagne annuelle représente en effet près d’un milliard de dinars, un poids significatif pour le Trésor public. Face à cet enjeu, l’ANBT cherche à transformer cette contrainte technique en opportunité économique.

Le DG a expliqué que l’agence collabore étroitement avec des experts, des ingénieurs et des chercheurs universitaires afin d’identifier de nouvelles méthodes de gestion de la vase et de réduire l’impact de l’eau sur les structures. Les premiers essais menés dans ce cadre se révèlent prometteurs, notamment pour la valorisation des sédiments dans l’agriculture ou certaines industries, comme l’industrie du ciment.

Selon Abdellatif Azira, cette démarche pourrait également offrir une alternative durable à l’utilisation de matériaux traditionnels comme l’argile, dont l’extraction a un impact environnemental majeur. Les cimenteries, grandes consommatrices d’argile, se montrent particulièrement intéressées par la possibilité de substituer une partie de cette matière par les sédiments issus des barrages. Le secteur du bâtiment, notamment les briqueteries, manifeste lui aussi un intérêt croissant. Au-delà de l’aspect économique, le DG a évoqué la problématique des bassins de décantation, qui occupent de vastes espaces.

Une meilleure gestion et valorisation de la vase permettrait de libérer ou de réaffecter ces surfaces, notamment pour des projets agricoles. Toutefois, Abdellatif Azira a reconnu que le projet reste encore au stade expérimental. L’ANBT s’attelle à présent à définir le cadre réglementaire et les procédures administratives nécessaires pour permettre une valorisation effective et conforme aux normes.

Les services concernés sont sollicités pour accompagner cette évolution et faciliter l’intégration de ces solutions dans la gestion courante des barrages. Le responsable a également appelé les médias à contribuer à la vulgarisation et à la promotion de ces démarches innovantes, estimant qu’elles peuvent jouer un rôle déterminant dans la modernisation de la gestion hydraulique nationale. En somme, l’ANBT ambitionne de réduire durablement les coûts d’entretien, d’améliorer l’efficacité des infrastructures hydrauliques et de faire émerger une filière nationale de valorisation de la vase, au croisement des intérêts économiques, environnementaux et industriels.

Lors de cette rencontre, une solution innovante, issue des travaux de recherche de l’Université de Aïn Témouchent, a été présentée : la transformation des vases de barrage en matériaux de construction durables. Cette approche ouvre la voie à des avancées environnementales, économiques et stratégiques pour la restauration de la capacité des barrages, la préservation des ressources naturelles et la stimulation de l’innovation dans le secteur du BTP.

Par Sirine R.

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