18/05/2026
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Gouvernance, diversification et sécurité d’approvisionnement : L’Algérie renforce son cap énergétique

L’Algérie confirme son engagement dans la transition énergétique en établissant un cap stratégique clair et cohérent. Lors de la première rencontre nationale du secteur à Alger, les ministres Mourad Adjal et Mohamed Arkab ont exposé une vision ambitieuse, alliant modernisation de la gouvernance, diversification du mix énergétique et consolidation de la sécurité d’approvisionnement. Cette feuille de route, fondée sur une complémentarité institutionnelle renforcée, projette l’Algérie parmi les acteurs énergétiques montants de la région.

Dès l’ouverture, Mourad Adjal a indiqué que cette rencontre constituait l’occasion d’évaluer les acquis récents et de définir une trajectoire précise pour les années à venir. Il a rappelé que la priorité demeure l’amélioration du service public énergétique, conformément aux orientations du président de la République. Les taux de couverture atteints 99 % pour l’électricité et 72 % pour le gaz, illustrent, selon lui, des avancées concrètes, tout en garantissant les besoins croissants de l’industrie et de l’agriculture.

La réorganisation institutionnelle opérée en septembre s’inscrit dans cette dynamique. « La création du ministère de l’Énergie et des Énergies renouvelables est l’expression directe de la volonté du Président d’accélérer la transition énergétique et de mobiliser l’ensemble de nos ressources pour créer un mix énergétique équilibré », a-t-il affirmé. Ce changement structurel est accompagné de nouveaux décrets exécutifs et d’une circulaire destinée à clarifier les missions et à assurer la continuité du fonctionnement institutionnel, tandis que la digitalisation devient un levier central pour moderniser la gestion et le pilotage du secteur. Au cœur de cette transition, Mourad Adjal a mis en avant l’objectif d’atteindre 15 000 MW d’énergies renouvelables d’ici 2035.

La première phase, portant sur 3 200 MW à déployer dans 14 wilayas, est déjà lancée. Parallèlement, un vaste programme d’électrification solaire des zones isolées sera engagé, particulièrement dans le Sud, à travers des systèmes individuels et des stations photovoltaïques hors réseau. Le ministre a également rappelé l’avancement de la feuille de route nationale de l’hydrogène vert, entrée en phase expérimentale, ainsi que l’orientation du centre de recherche nucléaire vers la production d’isotopes et de radiopharmaceutiques destinés à réduire les importations et à renforcer la prise en charge médicale.

De son côté, Mohamed Arkab a insisté sur la portée stratégique de cette rencontre, qu’il considère comme un espace privilégié de coordination. Selon lui, « il traduit la vision de l’État qui veut moderniser l’énergie et les mines pour en faire des moteurs durables de la croissance ». Il a souligné que « la complémentarité est la clé d’une performance durable », particulièrement dans un secteur aussi technique que celui des hydrocarbures, où, comme il l’a rappelé, « la maîtrise technique, financière et géopolitique est fondamentale ». Cette logique s’accompagne de priorités telles que la modernisation du raffinage, de la pétrochimie et de la logistique.

En parallèle, le secteur minier connaît une dynamique ascendante, portée par un nouveau cadre juridique et la valorisation des ressources stratégiques, afin de renforcer l’intégration de l’Algérie dans les chaînes de valeur mondiales. Le ministre a également rappelé le rôle central des directions de wilaya, affirmant qu’elles constituent « la colonne vertébrale de l’application des politiques publiques. Leur travail quotidien sur le terrain conditionne la réussite de toute la stratégie nationale ».

Les travaux du forum ont été enrichis par plusieurs présentations techniques portant sur l’organisation institutionnelle, les relations professionnelles, les orientations budgétaires et la modernisation du système d’information. La rencontre s’est achevée sur un appel à la mobilisation et à la continuité des efforts. En conclusion, Mourad Adjal a réaffirmé la confiance qu’il place dans les capacités du secteur : « Nous avons les capacités humaines et techniques pour hisser l’Algérie au rang des leaders énergétiques de demain », a-t-il déclaré, saluant l’engagement de l’ensemble des travailleurs.

Par Adem A.

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