02/08/2026
ACTUALITENATIONAL

Grands projets de transferts d’eau: Lancement imminent des travaux

L’Algérie accélère la concrétisation de sa stratégie de sécurisation des ressources en eau. Les grands projets de transfert d’eau du Sud vers les Hauts Plateaux entrent dans une nouvelle phase, portée par l’achèvement des principales études techniques.

Réuni jeudi à Alger, le ministre de l’Hydraulique, Lounès Bouzegza, a passé en revue l’état d’avancement de ces projets structurants, qui figurent parmi les priorités nationales en matière de développement territorial et de sécurité hydrique.

Lors de cette réunion de suivi, le ministre a insisté sur la nécessité d’accélérer l’achèvement des procédures techniques, administratives et réglementaires afin de permettre le lancement effectif des travaux dans les meilleurs délais. Selon un communiqué du ministère, les différentes études ont atteint leurs phases finales, ouvrant ainsi la voie aux prochaines étapes de réalisation.

Ces infrastructures hydrauliques d’envergure nationale s’inscrivent dans la vision des pouvoirs publics visant à assurer une alimentation durable en eau potable, à réduire les disparités régionales et à accompagner les grands programmes de développement économique, agricole et industriel, notamment dans les régions du Sud et des Hauts Plateaux.

Le projet stratégique de transfert « Sud-Sud » constitue l’un des axes majeurs de cette politique. Il répond directement aux orientations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui a fait de la sécurisation de l’approvisionnement en eau des wilayas sahariennes une priorité nationale.

Le programme prévoit la réalisation de six stations de pompage et de sept grands réservoirs, équipés de systèmes modernes de contrôle et de gestion à distance afin d’assurer une exploitation performante des installations et la continuité du service public de distribution de l’eau.

Au cours de la réunion, l’Agence nationale des ressources hydrauliques (ANRH) a présenté les conclusions de l’étude consacrée à ce projet. Celui-ci prévoit le transfert quotidien de 160.000 mètres cubes d’eaux souterraines grâce à une conduite principale d’environ 1.300 kilomètres, complétée par un réseau secondaire de collecte de près de 600 kilomètres.

Le tracé reliera le champ de captage d’Aougrout, dans la wilaya de Timimoun, aux wilayas de Béni Abbès et Béchar, avant d’atteindre Tindouf et la région stratégique de Gara Djebilet, où se développe l’un des plus importants projets miniers du pays.

Pour le ministre, cette infrastructure représente bien plus qu’un simple projet hydraulique. Elle constitue un véritable levier de développement économique pour tout le Sud-Ouest algérien. L’alimentation en eau permettra notamment d’accompagner l’exploitation industrielle du gigantesque gisement de fer de Gara Djebilet, appelé à devenir l’un des moteurs de la diversification économique nationale.

Le projet contribuera également à soutenir l’expansion de l’agriculture saharienne, secteur qui connaît une croissance soutenue grâce aux investissements réalisés dans les cultures stratégiques, tout en accompagnant le développement urbain des wilayas concernées et le renforcement de l’interconnexion des réseaux hydrauliques du Sud.

Trois corridors pour alimenter les Hauts Plateaux

La réunion a également permis d’examiner l’état d’avancement des études relatives au projet de transfert « Sud-Hauts Plateaux », articulé autour de trois grands corridors hydrauliques destinés à sécuriser l’alimentation en eau potable de plusieurs régions de l’intérieur du pays.

Le premier concerne le corridor Ouest, dont les études sont pilotées par l’Agence nationale des barrages et des transferts (ANBT). Ce projet prévoit le transfert des eaux provenant du champ de captage de Béni Ounif, dans la wilaya de Béchar, vers les wilayas de Béchar, Aïn Sefra, Mécheria, Naâma et Saïda.

Le dispositif comprendra une conduite principale de 430 kilomètres, 60 puits de captage, quatre stations de pompage ainsi que huit réservoirs destinés à assurer une distribution régulière et sécurisée de l’eau potable. Le second corridor concerne l’Est du pays. Toujours sous la supervision de l’ANBT, il permettra le transfert des eaux à partir du champ de captage de Zelfana, dans la wilaya de Ghardaïa, vers les wilayas de M’Sila, Bou Saâda, Biskra et Batna.

Cette infrastructure sera encore plus importante avec une conduite principale de 850 kilomètres, douze stations de pompage, cinq stations de reprise et vingt-trois réservoirs destinés à garantir la continuité de l’alimentation des populations concernées.

Le troisième volet est piloté par l’Office national de l’irrigation et du drainage (ONID). Il s’agit d’un transfert Sud-Nord qui permettra d’acheminer un débit de 3,8 mètres cubes par seconde à partir du champ de captage d’Oued Djedi, dans la wilaya de Djelfa.

Le réseau comprendra une conduite principale de 560 kilomètres ainsi que plusieurs stations de pompage, des puits et des ouvrages de stockage destinés à assurer l’alimentation en eau potable des wilayas de Djelfa, Aïn Oussara, Tiaret et M’Sila. À travers ces projets, les pouvoirs publics entendent bâtir un réseau hydraulique intégré capable de répondre durablement aux besoins croissants des populations tout en accompagnant les grands investissements industriels, agricoles et miniers.

Cette stratégie intervient dans un contexte marqué par les effets du changement climatique, la raréfaction des précipitations et l’augmentation continue de la demande en eau, qui imposent une gestion plus efficiente des ressources hydriques nationales.

Enfin, le ministre a rappelé le caractère hautement stratégique de ces infrastructures, appelant l’ensemble des organismes concernés à finaliser rapidement les procédures restantes afin de lancer leur réalisation dans les délais fixés.

Par Réda Hadi

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