L’Algérie poursuit le déploiement de son programme de dessalement d’eau de mer en s’attaquant désormais au raccordement des wilayas de l’intérieur. Le ministre de l’Hydraulique, Lounès Bouzegza, a donné, mardi à Alger, des instructions fermes pour accélérer la réalisation des projets de raccordement et de transfert et permettre leur mise en service dans les meilleurs délais.

Ces projets portent sur la mise en place d’un système intégré de conduites de transfert et de raccordement en aval, permettant d’acheminer l’eau dessalée vers les wilayas de l’intérieur sur des distances pouvant atteindre 250 km. Cette démarche s’inscrit dans le cadre de la politique de l’État visant à renforcer la sécurité hydrique et à assurer une répartition équilibrée des ressources en eau. Présidant une réunion de travail consacrée au suivi de ces projets, le ministre a insisté sur « la nécessité d’accélérer la cadence de réalisation et de respecter strictement les délais contractuels fixés ». Il a également demandé d’engager les travaux de la première tranche des nouveaux projets et de poursuivre les procédures administratives relatives aux tranches restantes.
À travers ces infrastructures, l’État cherche à optimiser la répartition territoriale de la ressource hydrique, en valorisant les capacités de production des grandes stations de dessalement et en les intégrant dans un réseau de transfert capable d’alimenter les régions de l’intérieur.

Trois nouveaux projets sont actuellement en phase de lancement. Le premier concerne le raccordement de la station de dessalement de Tlemcen, d’une capacité de 300.000 m³/jour, à un réseau de 727 km devant desservir Tlemcen, Sidi Bel Abbès, Saïda et Naâma. À Chlef, un réseau de 435 km permettra d’acheminer la production de la station de dessalement, également d’une capacité de 300.000 m³/jour, vers Chlef, Aïn Defla, Médéa et Tissemsilt.
Le projet de Mostaganem prévoit, pour sa part, un réseau de 317 km destiné à renforcer l’approvisionnement de Mostaganem, Relizane, Tiaret et Tissemsilt. Ces projets traduisent ainsi le passage d’une logique centrée uniquement sur la production d’eau dessalée à une approche intégrée combinant production, transfert et distribution, avec pour objectif d’améliorer l’efficacité des investissements engagés dans le secteur. Le ministre a, dans ce cadre, appelé les différents intervenants à renforcer la coordination sur le terrain et à veiller au respect du calendrier fixé.
Pour Lounès Bouzegza, la priorité est désormais de réduire les délais entre la réalisation des infrastructures et leur mise en service effective. Plusieurs projets sont déjà entrés dans cette phase.
Le raccordement de la station de dessalement de Fouka 2 à Blida est achevé et mis en service, contribuant à améliorer sensiblement l’alimentation en eau potable de la wilaya. À
l’Est, le projet de raccordement de la station de Koudiat Draouch à El Tarf connaît également une avancée importante. Une grande partie des installations a été achevée et mise en service au profit d’El Tarf et d’Annaba. Les opérations de rinçage et de désinfection des conduites se poursuivent, avant la mise en service progressive du tronçon destiné à Guelma. À Boumerdès, les travaux de raccordement du système de Koudiat Acerdoune à la station de dessalement de Cap Djinet 2 ont été lancés. Le projet doit contribuer à sécuriser l’alimentation en eau potable de Bouira, Tizi Ouzou, M’Sila et Médéa.
Une logique d’investissement à long terme
Le même effort est engagé à partir de la station de dessalement de Tighremt, à Béjaïa, où une grande partie du projet a déjà été achevée et mise en service. Les travaux restants portent notamment sur le renforcement de l’approvisionnement de certaines zones de Sétif, Bouira et Bordj Bou Arréridj. À cette dynamique s’ajoute le projet de station de dessalement de Tamda Ouguemoun à Iflissen, dans la wilaya de Tizi Ouzou. D’une capacité de 60.000 m³/jour, cette infrastructure doit sécuriser l’approvisionnement de 11 communes de la façade nord de la wilaya.
À travers ces différents projets, le secteur de l’hydraulique consolide ainsi un maillage stratégique des infrastructures hydriques, destiné à renforcer la sécurité hydrique et à améliorer la qualité et la continuité du service public. Le ministre a souligné la nécessité de poursuivre les efforts et de renforcer la coordination sur le terrain entre les différents intervenants, tout en veillant au strict respect du calendrier établi, de manière à assurer la concrétisation de ces projets dans les délais impartis et à atteindre les objectifs nationaux visant à renforcer la sécurité hydrique et à améliorer la qualité du service public d’alimentation en eau potable.
Par Zahir R.



