Avec un réseau routier de 112 696 kilomètres, l’Algérie occupe la première place au Maghreb et le deuxième rang dans le monde arabe, selon les données 2026 de Global Firepower. Cette infrastructure constitue un atout logistique important pour le pays, alors que les pouvoirs publics poursuivent leurs efforts pour moderniser les axes existants, améliorer la circulation des marchandises et renforcer les liaisons entre les pôles de production et les infrastructures portuaires.

À l’échelle internationale, l’Algérie se classe au 47e rang sur 145 pays, derrière la Mongolie, qui dispose de 113 200 kilomètres de routes, et devant la Finlande, avec 108 637 kilomètres. Les trois premières places reviennent aux États-Unis, avec 6,58 millions de kilomètres, à l’Inde, avec 6,37 millions, puis à la Chine, avec 5,2 millions. Dans le monde arabe, l’Algérie occupe la deuxième position, derrière l’Arabie saoudite, dont le réseau atteint 221 372 kilomètres, et devant le Yémen, avec 71 300 kilomètres.
L’écart avec le Maroc est encore plus marqué, puisque le réseau algérien est estimé à près du double de celui du Royaume, évalué à 57 300 kilomètres dans cette même base de données. Ce réseau national comprend notamment 29 280 kilomètres de routes nationales ainsi que plus de 4 900 ouvrages d’art. Il s’articule également autour de grands axes autoroutiers, dont l’Autoroute Est-Ouest, longue de 1 216 kilomètres, qui constitue l’une des principales liaisons entre les régions de l’Est et de l’Ouest du pays.
Cette performance doit néanmoins être replacée dans son contexte statistique. En effet, le chiffre de 112 696 kilomètres repris dans l’édition 2026 de Global Firepower repose sur des données antérieures, notamment celles disponibles en 2020, et ne reflète donc pas nécessairement l’ensemble des tronçons réalisés, modernisés ou reclassés au cours des dernières années. Par ailleurs, la superficie considérable de l’Algérie, dont une grande partie se situe dans le Sahara, pèse également sur la densité du réseau, estimée à environ 4,7 kilomètres pour 100 kilomètres carrés.
Dès lors, l’enjeu actuel n’est plus seulement d’étendre le réseau, mais d’en améliorer la qualité et l’efficacité économique. C’est dans cette optique qu’en 2026, des programmes engagés dans plusieurs wilayas portent sur environ 253,4 kilomètres de travaux de renforcement, de bitumage et d’entretien. Ces opérations concernent aussi bien les grands axes nationaux que les routes de wilaya et les liaisons destinées à désenclaver certaines régions. La dimension continentale constitue un autre volet de cette stratégie. Le réseau routier algérien est en effet appelé à soutenir une progression des échanges commerciaux avec les pays africains, notamment à partir des régions du Sud.
Dans ce cadre, la Route transsaharienne, qui relie l’Algérie à la Tunisie, au Mali, au Niger, au Tchad et au Nigeria, constitue un axe majeur pour l’accès aux marchés du Sahel et du golfe de Guinée. Le développement de la liaison Tindouf-Zouerate renforce quant à lui l’ouverture vers la Mauritanie et l’Afrique de l’Ouest. Associée au projet de zone franche frontalière, cette infrastructure doit faciliter l’acheminement des produits algériens, notamment dans les secteurs de l’agroalimentaire, des matériaux de construction et des équipements industriels. Le poids du réseau routier algérien représente donc un potentiel économique qui dépasse la seule mobilité nationale.
L’objectif consiste désormais à transformer cette infrastructure en véritable outil logistique, capable de rapprocher les zones de production des ports et des marchés africains. Pour l’Algérie, l’enjeu est de faire de son avantage géographique et de l’étendue de son réseau un levier concret pour développer le commerce intérieur, réduire les coûts logistiques et accroître ses exportations vers le continent.
Par Selma R.



