Le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, s’est exprimé hier sur la hausse « vertigineuse » de certains produits agricoles, en affirmant que l’État interviendra pour contrer le phénomène de la spéculation qui est à l’origine de ces dérèglements et perturbations sur le marché national.
Une situation qualifiée d’« inédite », notamment pour les légumes et fruits de saison, par le ministre qui a mis en garde contre les pratiques qui perturbent les circuits d’approvisionnement. En marge de la cérémonie d’installation du nouveau wali de Ksar El Boukhari, le ministre a affirmé que l’État fera face à la hausse des prix et à la spéculation, soulignant que la protection du pouvoir d’achat des Algériens est devenue l’une des priorités des pouvoirs publics.
En effet, Sayoud a adressé des messages directs aux opérateurs du marché, dénonçant ce qu’il a qualifié de comportements cupides, qu’il estime incompatibles avec l’éthique commerciale. Il a ajouté : « Celui qui aime les Algériens et l’Algérie ne vend pas les tomates à 200 DA au mois d’août. » Il a également évoqué les hausses constatées sur le poivron, l’aubergine, la laitue et le haricot vert, soulignant qu’il s’agit de productions saisonnières qui ne nécessitent pas, en principe, les mêmes coûts que les cultures sous serre. « L’avidité ne construit jamais un État et ne rassemble jamais une nation », a-t-il déclaré, appelant à des pratiques commerciales conformes aux intérêts du consommateur et au bon fonctionnement du marché.
Le ministre a assuré que l’État suit l’évolution du marché et qu’il est « présent et avec la force nécessaire » pour intervenir afin de réduire les déséquilibres. Il a souligné dans le même temps que l’objectif n’est pas de nuire au commerçant ou à l’agriculteur, mais de garantir une marge bénéficiaire raisonnable aux opérateurs tout en préservant la capacité du citoyen à acheter les produits de première nécessité. « Nous voulons que le commerçant réalise un bénéfice dans son activité, que l’agriculteur obtienne un rendement satisfaisant et que chacun puisse tirer un revenu juste de son activité », a-t-il souligné.
Selon lui, l’intervention de l’État devient nécessaire lorsque les mécanismes habituels du marché sont perturbés, notamment lorsque « la chaîne d’approvisionnement est modifiée par des pratiques délibérées ». Cette intervention vise ainsi à assurer une meilleure maîtrise des circuits de distribution et à limiter les perturbations susceptibles de provoquer des augmentations injustifiées des prix à la consommation.
Concernant la filière avicole, dont les prix des viandes blanches ont atteint un pic, avoisinant les 550 DA/kg, le ministre a expliqué cette hausse par les pertes subies par la filière en raison des incendies qui ont touché des régions de l’Est du pays, ainsi que des vagues de chaleur et de la hausse des températures. Il a assuré que la situation devrait revenir à la normale dans les prochains jours.
Le ministre a également indiqué que la hausse des prix de certains produits importés était liée à des facteurs extérieurs, notamment l’augmentation des coûts du transport maritime et la hausse des primes d’assurance sur les marchandises et les moyens de transport dans plusieurs voies maritimes sensibles. Ces facteurs ont, selon les données présentées par le ministre, eu des répercussions sur le coût d’acheminement de certains produits vers le marché national.
Parallèlement, le ministre a affirmé que l’État avait pris en charge les conséquences des crises naturelles, évoquant la mise en œuvre des décisions du président de la République relatives à l’indemnisation des personnes sinistrées et assurant que les opérations d’indemnisation seront menées à leur terme. Le ministre a établi un lien entre cette démarche et les efforts des pouvoirs publics visant à préserver la stabilité de l’activité économique et productive, notamment dans les secteurs directement liés à l’approvisionnement du marché.
Évoquant la production agricole, le ministre s’est appuyé sur des chiffres qu’il a qualifiés de records, indiquant que la production agricole avait atteint une valeur de 37 milliards de dollars en 2025, avec une production de 42 millions de quintaux de blé. En conclusion de son intervention sur ce dossier, le ministre a insisté sur la nécessité pour les différents intervenants de respecter l’éthique commerciale, appelant les commerçants et les opérateurs à tenir compte des conditions sociales des citoyens. Il a également affirmé que « la force réside dans l’union et la solidarité ».
Par Z R.



